Après avoir modifié par décret la loi du 15 avril 2010 sur l’état d’urgence, le président de la République a déclaré l’état d’urgence dans certaines zones contrôlées par les gangs armés de l’aire métropolitaine et d’autres endroits réputés de non-droit pour une durée d’un mois. Cette nouvelle disposition de l’administration Moïse/ Jouthe fait suite à l'échec de l’opération de la Police nationale d’Haïti à Village-de-Dieu qui s’est soldée par la mort de cinq policiers vendredi dernier. Fragilisé par des forces politiques et sociales qui réclament son départ depuis le 7 février dernier conformément à l’article 134-2 de la Constitution et par l’annonce du référendum sur le projet d’une nouvelle constitution dont il compte doter le pays, dans l’indifférence de la population, en remplacement de celle de 1987 amendée qu’il avait juré de respecter, Jovenel Moïse ne sait plus à quel saint se vouer pour ramener le calme après trois jours d’émeutes.
Jovenel Moïse avait-il besoin d’instaurer l’état d’urgence par arrêté pris en Conseil des ministres pour contrer l’action des bandits à Village-de-Dieu, Grand-Ravine, Delmas 2 et Savien ? Rappelons que l’état d’urgence permet aux autorités gouvernementales, particulièrement aux forces de police, de restreindre la liberté de mouvement de la population de ces zones en cas de besoin, d’évacuer des personnes, de démolir certaines constructions, d’ordonner la suspension de certains services essentiels comme la communication routière, maritime, aérienne et téléphonique lorsqu’il n’y a pas d’autres moyens. Au début du mois de janvier, une opération de la PNH à Village-de-Dieu avait duré plusieurs heures et mobilisé différentes unités de l’institution. Munis de buldozer, les policiers avaient pourchassé les bandits de Village-de-Dieu et beaucoup de constructions avaient été détruites. Pendant plusieurs heures, la circulation routière dans la zone de Martissant avait été interdite. L’opération devait se poursuivre le lendemain dans le but de détruire d’autres constructions qui servaient de cachettes aux bandits de la zone. Une main puissante avait demandé de suspendre l’opération. Y avait-il un arrêté pour démolir les constructions des habitants de la zone et prendre toutes ces dispositions ?





Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.