Intervenant récemment en ligne dans le cadre de « Les mercredis de réflexion » de la Banque interaméricaine de développement (BID) autour du sujet « Le futur du secteur agricole en Haïti, défis et perspectives, l’ingénieur-agronome Carl André Déjoie a idéalisé un modèle pour rendre le secteur agricole productif et compétitif.  La mise en œuvre de ce modèle, dit-il, repose sur un concept de ferme intégrée où l’agriculture biologique cohabite avec l’agriculture intensive dans certaines filières. « Il faut inventer une agriculture haïtienne moderne dans une logique de compétitivité et d’autosuffisance partielle, en tenant compte des avantages comparatifs du pays », a affirmé M. Dejoie, soulignant que le miracle haïtien est encore possible.

Avec ce modèle, l’objectif consiste à sortir d’une agriculture de subsistance peu productive pour arriver à une agriculture rentable, structurée par filière où l’on travaille en réseau. Dans ce modèle, la priorisation de l’approche pyramidale pour optimiser la production par filière est d’une importance capitale. M. Déjoie a présenté la composition de la pyramide qui est décrite ainsi : les petits agriculteurs, placés dans le niveau I, représenteront 75%, les moyens et grands agriculteurs 20% (niveau II) et les agro-industriels qui assurent la transformation des intrants pour desservir les différents marchés 5% (niveau III). « Les niveau I et II assurent l’approvisionnement en matières premières pour les industries de transformation du niveau III », lit-on dans un document rédigé par l’agronome Carl André Déjoie.