Depuis plusieurs années, la justice haïtienne marche au ralenti, dans tout le pays, notamment à Port-au-Prince. Certains dossiers sont traités sur la base d'accointances politiques. Le mandat de certains juges n'est pas renouvelé. Des dossiers de justice traînent en longueur. Il y a un problème d’administration au sein du pouvoir judiciaire. « Or, l’administration de la justice dépend du CSPJ (Conseil supérieur du pouvoir judiciaire), lequel nomme des doyens responsables des différentes juridictions », souligne le juge Jean Wilner Morin, qui ne voulait pas y aller par quatre chemins en avançant : « La justice est actuellement contrôlée par la politique. Elle est prise en otage par cette dernière », assume le président de l’ANAMAH.
« Ce n’est plus la loi qui guide les décisions judiciaires aujourd’hui. La Constitution n’est pas respectée au niveau de la justice aujourd’hui. C’est une question d’accointances. Même des nominations sont faites de cette manière, en passant par le CSPJ. Ils nomment des juges pour faire exactement le travail de l’exécutif », révèle le juge Morin, expliquant « barrer la route aux juges qui font leur travail profite à des gens bien placés dans le pouvoir politique impliqués dans des dossiers ». C’est ce qui explique que le mandat de certains juges n’a pas été renouvelé. Une situation qui favorise le blocage de certains dossiers, poursuit le juge, critiquant la paresse de certains magistrats qui rendent les ordonnances tardivement.






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