Des négociations entre le gouvernement et des syndicalistes ont permis d´aboutir à l'augmentation du prix du  pétrole sur le marché local la semaine écoulée. Les deux parties sont parvenues à la signature d'un protocole d'accord plus de vingt-quatre heures après l'annonce des nouveaux prix par le ministre de l'Économie et des Finances, Michel Patrick Boisvert, accompagné de plusieurs autres membres  du gouvernement. Les engagements pris par les deux protagonistes dans le cadre dudit protocole ne sont jusqu'à présent pas communiqués au grand public.

Participant à l'émission Intérêt public, sur radio Quisqueya, le syndicaliste Anderson Desroches a révélé quelques éléments de cet accord. « Il est prévu dans le protocole d'accord, l'ajustement du salaire minimum, la régularisation des motos-taxis, la mise en place d'un observatoire pour le suivi de l'accord, une escouade de la Direction générale des impôts, de l'Office d'assurance des véhicules contre tiers (OAVCT) et la Direction centrale de la police routière (DCPR) pour résoudre le problème  de distribution des plaques d'immatriculation et des permis de conduire dans les villes de province, la création d'un organisme pour exercer un contrôle systématique sur le marché pétrolier», a indiqué le syndicaliste, soulignant que l'accord prévoit fondamentalement de recourir à une nouvelle forme de «subvention ciblée» et de garder les mêmes tarifs pour les différents circuits dans le transport en commun.

Six associations et organisations syndicales ont paraphé le document  de l'accord avec les titulaires du ministère de l´Économie et des Finances (MEF), du ministère du Commerce et de l'Industrie (MCI) et du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), d'après Anderson Desroches. La question de réhabilitation des tronçons  de routes, la sécurité dans les différents axes routiers, la signalisation routière, le syndicaliste  n'a pas fait mention de ces besoins. Cependant, en marge de ce protocole d'accord, les associations et organisations syndicales vont recevoir une soixantaine d'autobus, selon les déclarations du ministre Michel Patrick Boisvert sur les ondes de radio Magik9.

La formule pour arriver à une subvention  ciblée n'est pas bien définie dans l'esprit des acteurs. Les syndicalistes  ont réclamé des «cartes pétrolières et non des bons». À défaut de cette subvention, quelques chauffeurs ajustent déjà à la hausse les tarifs pour certains circuits en fonction des nouveaux prix des carburants sur le marché local. Cette situation suscite des querelles entre chauffeurs et passagers. Le syndicaliste Changé Mehu a lancé un ultimatum au gouvernement pour mettre en application le protocole d´accord. « Après cette semaine, si le gouvernement ne fait rien concernant la subvention, nous allons fixer les prix des trajets dans les dix départements du pays en fonction de la récente augmentation des produits pétroliers », a menacé le syndicaliste qui intervenait sur radio Ibo, conseillant aux chauffeurs et aux passagers d'éviter les conflits.

Les syndicalistes se mettaient d'accord  avec le gouvernement pour augmenter les prix des produits pétroliers  dans l'idée de mettre un terme à la subvention. Avec ce protocole d'accord, ils vont en être les seuls bénéficiaires. Les protestations des rues contre l'augmentation du prix du pétrole se multiplient dans plusieurs endroits dans le pays.