À Carrefour, des chauffeurs d’autobus ont, en début de semaine, bloqué la circulation et manifesté leur ras-le -bol contre des tarifs à payer que leur imposent les gangs pour traverser la route principale à hauteur de Martissant et de Fontamara. C’était un mouvement brusque et isolé. Quasiment toutes les stations de bus, de taxi et de camionnette se trouvent sous le contrôle de groupes de bandits qui exigent de l’argent aux chauffeurs. Ils sont là en permanence dans les stations pour amasser de l’argent et ne font que ça. Aucun chauffeur n’ose tenir tête à ces gens-là.

« Kote w pwale ? ou poko peye atè a non », dit un jeune homme à un chauffeur d’autobus qui démarre son véhicule pour laisser une station aux abords du stade Sylvio Cartor. Les chauffeurs d’autobus doivent verser de l’argent à des gens placés par un membre d’un gang avant de quitter la station. « Le prix de certains circuits à l’instar de celui reliant Claircine à Croix-des-Missions est fixé par des bandits », confie un chauffeur de camionnette. Plus le prix d’un trajet est élevé, plus les gangs soutirent de l’argent. Les chauffeurs se plaignent beaucoup mais ils accusent le coup. Ne pouvant compter sur personne,  ils n’ont pas d’autre choix que de payer.