En publiant l’enquête sur la double dette de l’indépendance, le vendredi 20 mai 2022, après plus d’une année de recherches, de consultations, d’interviews et de documentation en Haïti, en France et aux Etats-Unis, les journalistes de ce grand quotidien international ont surpris le gouvernement français sur cet épineux dossier qui remonte au XIX siècle. La misère, les embarcations de fortune des Haïtiens sur les côtes de la Floride, le taux élevé de chômage, l’absence d’infrastructures modernes de transports en commun sont les causes qui ont poussé ces journalistes à enquêter sur les racines du sous-développement d’Haïti. Pour justifier l’argumentaire de la double dette de l’indépendance, les journalistes du New York Times ont calculé les sommes versées par les gouvernements haïtiens qui se sont succédé de 1838 à 1888 aux banques et aux investisseurs français détenteurs du premier prêt ayant servi à l’indemnité. Ils ont pris en compte de 1889 à 1954 les sommes versées à titre de remboursements de la dette par Haïti en y ajoutant les intérêts et les pénalités de retard appliqués au fil des décennies.
L’enquête des journalistes du New York Times a eu l’effet d’une bombe, car elle met à nu l’extorsion, la corruption et la déstabilisation d’Haïti par la France et les Etats-Unis pendant près de 200 ans. Ni la France ni les Etats-Unis n’auraient imaginé que des journalistes d’un média comme le New York auraient fait une telle révélation à la face du monde. Traditionnellement, les puissants médias américains défendent les intérêts du gouvernement américain, qu’il soit démocrate ou républicain. Bien avant le scandale du Watergate, les médias américains menaient des enquêtes, réalisaient des reportages ou d’autres formes d’investigation sur des hommes politiques, des leaders de la société civile, des groupes ou d’autres entités sur qui pesaient des soupçons dans des domaines particuliers ou variés. Les puissants médias américains représentent de grandes entreprises économiques appartenant pour la plupart à des entités multinationales.





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