La nouvelle n’était pas attendue. Les douanes haïtiennes ont battu leur record en percevant plus de 12 milliards de gourdes de recettes pour le mois de mai 2023.
Plus de 12 milliards de gourdes en un mois, cela ne s’était jamais produit dans l’histoire de l’institution.
Plus de douze milliards de gourdes en mai, la performance est encore plus remarquable.
Il y a de nombreuses explications pour expliquer l’avalanche des records en douane. Cela passe par la faiblesse de la gourde, la perception des taxes sur les produits pétroliers et d'autres facteurs.
Les deux principaux facteurs demeurent les mêmes depuis huit mois : le contrôle en douane est plus strict et une partie du secteur privé haïtien avait lancé un cri pour l’on donne à César ce qui est à César.
Depuis l’occupation américaine d’Haïti (1915-1934), ceux qui s’intéressent aux finances publiques haïtiennes savent qu’il y a deux points sensibles à contrôler pour faire avancer le pays : les points de perception (douanes et impôts) et les points de dépenses (particulièrement le ministère des Finances).
Quand l’Etat perçoit ce qui lui est dû et dépense avec efficience son budget, le mieux-être est possible pour la population.
En cette année qui marque le bicentenaire de l’institution appelée aujourd’hui Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif, il est bon de voir le pays se lancer sur la voie des recettes et de la réduction du déficit budgétaire financé par la Banque de la République d’Haïti.
Nous ne sommes pas encore arrivés aux dépenses efficaces ni efficientes, mais au moins il y a des recettes.
La question philosophique de l’œuf ou de la poule qui existait avant ne se pose pas pour une fois : il y a des recettes, il faut maintenant bien les dépenser et bien les investir.
Les douanes ne cachent pas que la majorité des recettes proviennent de la région métropolitaine (ports et aéroport). Il est temps que les produits en provenance de la République dominicaine soient soumis aux mêmes tarifs et contrôles que ceux qui nourrissent les recettes depuis huit mois.
Les douanes doivent faire attention pour ne pas provoquer un appel d’air pour alimenter la contrebande sur les points de passage frontaliers.
Le plus grand partenaire commercial de la République d’Haïti, nos voisins, doit nous aider à renforcer la perception, tout au moins ne pas s’y opposer ni abriter les passeurs.
Haïti en meilleure santé est gage de moins de problèmes pour l’île.
Haïti en meilleure santé passe par des douanes fortes.
Bien entendu, il faut veiller à ce que le poids des taxes perçues n'écrase pas la population, les plus pauvres, sans contrepartie.
Des recettes mirifiques dans une économie en ruine, un champ social ravagé et un environnement sécuritaire délétère, ne serviront pas à grand-chose.





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