Ces dernières années, les vulnérabilités d’Haïti ont placé le pays dans la liste peu enviable des pays pauvres les plus fragiles.

Les autorités haïtiennes le savent, les organisations internationales qui portent assistance au pays sont au courant de la situation.

Reste la population haïtienne qu’il faut convaincre et informer des risques. De tous les risques. Sans relâche.

En une semaine, dans des secteurs bien couverts par l’aide internationale, la prévention des catastrophes naturelles dues aux pluies et inondations, le choléra et les séismes, trois piqûres de rappel ont permis de constater que le pays n’est pas prêt, ni avant, ni pendant, ni après les catastrophes, mêmes les plus petites.

La leçon à tirer est qu’il faut juguler l’insécurité pour permettre aux services concernés de se déployer avant, pendant et après. Pour prévenir, secourir et réconforter.

Avec une capitale assiégée et des moyens limités, jamais le pays ne pourra faire face aux multiples défis.

Sans des élus à chaque poste électif, il est illusoire d’attendre un engagement conséquent de la part des responsables qui agissent sans avoir promis et exécutent sans subir de contrôle.

En Haïti, plus qu’ailleurs, concentrer tous les pouvoirs entre les mains de quelques-uns ne permet pas d’avoir de bons résultats.

Donner des responsabilités sans un robuste système de contrôle n’est pas efficient non plus.

Même les possibles bienfaits de l’aide se perdent quand la loi, les organes de contrôle et la périodicité des élections ont disparu du décor. Tout voum se do.

En ces temps où à la Jamaïque on va parler de l’avenir du pays et où quelques jours plus tard, les États-Unis se réuniront avec les pays voisins, il faut qu’on repense vraiment à remettre Haïti sur les rails du difficile chemin de la bonne gouvernance.

Il y a un risque que les piqûres de rappel ne soient que le petit chemin qui conduit aux abysses.