« Au total, 5,2 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, dont près de 3 millions d'enfants. Quelque 4,9 millions de personnes ont du mal à se nourrir et plus de 115 000 enfants de moins de cinq ans devraient souffrir de malnutrition mortelle cette année, soit une augmentation de 30 % par rapport à l'année dernière. Le système de santé, a indiqué ce communiqué, est au bord de l'effondrement, les écoles ont été attaquées par des groupes armés et les civils sont terrorisés et privés de leurs moyens de subsistance. »
Ce paragraphe est extrait d’un communiqué conjoint du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’UNICEF à l’issue de la visite en Haïti des directrices de ces deux institutions.
On peut douter des statistiques, les trouver énormes, essayer d’amoindrir la surface de la catastrophe, même quand on enlève un million ici ou là, dix ou vingt mille ailleurs, le tableau est pareil. Notre indigence est inacceptable.
Ce qui est pire c’est que les responsables du désastre ne sont pas au courant de leur responsabilité ni ne s’empressent pas d’essayer de le contenir, de réparer les ravages du désastre.
Alimenter la catastrophe c’est notre affaire, l’humanitaire est pour les étrangers.
Chaque facette de la crise actuelle aura des répercussions inimaginables. Un repas manqué, un jour de classe perdu, une récolte invendue, un kidnapping, l’impossibilité d’aller à l’hôpital, une malencontreuse rencontre avec une balle, autant d'éléments du quotidien qui mis bout à bout changent pour le pire la vie de millions de compatriotes.
Le décompte n’est pas tenu. Les racines du pire se renforcent.
L’indigence c’est ce qui nous arrive au jour le jour mais aussi tout ce que nous ne faisons pas pour changer le cours de l’histoire.





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