« Nous préférons mourir dans des affrontements avec les Dominicains au lieu de mourir de faim», jure Rochenel Paulimus, l’un des initiateurs de la construction du canal sur la rivière Massacre. Ce planteur, qui s’est entretenu avec une équipe du Nouvelliste, est le coordonnateur de l’Assemblée des sections communales (ASEC) du bas Maribaroux, commune de Ferrier, région concernée par le canal d’irrigation en question. Une vaste plaine de 12 000 hectares, dont 3 000 sont irrigables, selon les autorités.

Depuis la sortie fracassante du président dominicain Luis Abinader annonçant la fermeture des frontières de son pays avec Haïti, le site de la construction du canal est devenu un lieu de culte. Des gens, venus de partout, y défilent jour et nuit. Les donations arrivent jour et nuit aussi. Des centaines de sacs de ciment et de tiges d’acier sont entreposés dans un hangar sur le site. Des membres d’un comité fraichement mis sur pied, assistés souvent d’agents de la Brigade de surveillance des aires protégées (BSAP), reçoivent les dons.