François ne se rappelle pas son âge, mais il se souvient que toute la région du bas Maribaroux dans le Nord-Est était plantée en riz durant sa jeunesse. « Il y avait des denrées alimentaires en abondance dans la région. On ne souffrait pas de faim. On n’était pas si dépendant de la République dominicaine », balance François. Depuis plusieurs années, le sexagénaire, qui revient de son champ peu avant midi après six heures de travail, fait face à un ennemi redoutable : la sécheresse. « Il n’y a pas d’agriculture sans eau. La sécheresse, c’est notre plus grand ennemi », concède François, un sac contenant du gombo et des épinards dans sa main droite. « Travailler la terre, c’est ce que j’ai fait durant toute ma vie », dit-il. Comme d’autres paysans, il souhaite que le canal mette fin aux pertes régulières de ses récoltes, même s’il est un peu sceptique. « Si on ne construit pas d’autres canaux secondaires, l’eau n’arrivera pas dans mon champ », prévoit-il.
Les quatre hectares de François se trouvent à environ deux kilomètres du canal, bien loin des planteurs de Ferrier, notamment ceux de l’habitation Latas. Ces derniers sont les principaux initiateurs de la construction du canal sur la rivière Massacre à Ouanaminthe.





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