L’Association Militaire d’Haïti a pris acte de la déclaration du Premier ministre haïtien et de celle du président du Kenya, à la 78e Assemblée générale des Nations unies, le vendredi 22 septembre 2023, évoquant le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, pour justifier une autre intervention hybride (police-militaire) en Haïti.
L’Association Militaire d’Haïti regrette que ces déclarations n’aient pas suffisamment pesé l’extrême gravité et les conséquences de l’utilisation du Chapitre VII de la Charte de l’ONU tandis qu’avec la quasi-garantie des mêmes résultats, la démarche appropriée aurait pu être de solliciter les bons offices du Secrétaire d’Etat américain et du Secrétaire Général de l’ONU dans la mise sur pied de cette mission de support, en dehors du Chapitre VII.
Il en résulte une double préoccupation pour l’Association Militaire d’Haïti :
1) d’abord la situation d’insécurité que vit le peuple haïtien actuellement ne constitue ni une « menace pour la paix et la sécurité internationales, ni une rupture de la paix, encore moins un acte d’agression contre un autre Etat» au sens du Chapitre VII de la Charte de l’ONU, mais plutôt une affaire strictement interne, conséquence du cumul de plusieurs décennies de « mal gouvernance », que les Politiques, la PNH et l’Armée d’Haïti peuvent résoudre adéquatement. Là-dessus, l’Association Militaire d’Haiti et ses partenaires ont déjà indiqué le plan et la stratégie.
2) M. William Ruto, président du Kenya, en totale méconnaissance de l’histoire et de la réalité haitiano-dominicaines, a malencontreusement invité la République dominicaine à s’immiscer dans les affaires d’Haïti, ce qui, en plus d’être une idée totalement inacceptable et contre productive, est une violation de tous les accords de paix signés entre les deux pays.
L’Association militaire d’Haïti rappelle que le peuple Haïtien, bien que souffrant encore des traumatismes de la MINUSTHA sous le couvert du Chapitre VII, reste ouvert à une mission internationale de support dans le cadre de la coopération militaire bilatérale ou multilatérale avec nos frères Africains, le Canada, la France et les Etats-Unis, mais rejette avec fermeté toute forme d’intervention sous le couvert du Chapitre VII de la Charte de l’ONU.
La coopération militaire bilatérale et multilatérale est vitale au maintien durable de la stabilité sécuritaire en Haïti. A cet effet, l’Association Militaire d’Haiti, au titre d’Institution Centenaire d’Utilité Publique, a décidé de saisir le Département d’Etat américain et le Département de la Défense des Etats-Unis par une requête suivie d’un rapport, pour demander le rétablissement de la coopération militaire avec Haïti sur la base du “Leahy-Law Amendment Waiver” de 2019 (Sub-section (b) of Section 620M (“Limitation on Assistance to Security Forces”) of the Foreign Assistance Act of 1961).
Avec le rétablissement en due forme de la coopération militaire, avec nos compétences militaires et policières sur le terrain, nos vétérans Haïtiano-américains, Haïtiano-canadiens, haitiano-français et autres cadres dans la diaspora, Haïti dispose de ressources suffisantes pour résoudre nous-mêmes cette crise de manière durable, comme l’a reconnu le Premier Ministre Canadien.
Port-au-Prince, le 25 septembre 2023
Le directoire de l'Association militaire d'Haiti
Me. Joseph Dieunor Alexandre, Mjr. RES. FADH
Secrétaire Exécutif
Jean Wesly Lucien, SSG. US ARMY, RET.
Section Vétérans Haitiano-Américains
Ashley Laraque, Ex-Léopard, RES. FADH
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