Pierre Marie Boisson, économiste de la Sogebank et membre du secteur privé des affaires, est invité à analyser chaque début d’année, à l’émission « Grand rendez-vous économique », animée par Kesner Pharel et diffusée sur radio télé Métropole et sur le Web, la situation de l'économie haïtienne et de l’économie mondiale. Cette année, il a, entre autres, mis l'accent sur les torts infligés aux bénéficiaires des transferts sans contrepartie en Haïti.

https://ssl.gstatic.com/ui/v1/icons/mail/images/cleardot.gif« Les transferts sans contrepartie sont en croissance soutenue depuis de nombreuses années et représentent, en 2023, le revenu principal de 70% des ménages haïtiens. Toutefois, les bénéficiaires de ces transferts subissent une perte substantielle de pouvoir d’achat issue de la relation entre le taux de change auquel ils font face et l’inflation. À titre d’exemple, les bénéficiaires de transfert ont, en 2023, échangé le montant de leurs transferts à un taux relativement stable (environ 140 gourdes au 30 septembre 2022 et 2023), pendant que les gourdes obtenues achetaient des biens ayant subi une inflation de 32% pendant la même période. De surcroît, une partie importante de ces bénéficiaires reçoivent leur argent au taux de référence de la BRH, qui était de 134.26 au 30 septembre 2023, donc 5.7 gourdes plus bas que le taux du marché parallèle à cette date. Autrement dit, du fait des exigences d’ordre macroéconomique, les bénéficiaires des transferts sans contrepartie reçoivent leur argent en gourdes à partir d’un taux défavorable et perdent ainsi un montant substantiel », a constaté l’homme d’affaires, Pierre Marie Boisson.