Haïti a passé le cap du 7 février 2024 non sans peine. Si le Premier ministre Ariel Henry a su garder son poste, la crise est restée entière. Ni Ariel Henry ni ses opposants ne sont sortis renforcés dans le bras de fer autour de la date du 7 février. Le pays non plus n’a rien gagné dans cette bataille qui illustre l’incapacité des acteurs politiques haïtiens à produire du compromis. Les pertes en vie humaine et la destruction des biens publics et privés auraient pu être évitées. Toutes les énergies dégagées pour empêcher le fonctionnement des écoles et des entreprises publiques et privées pourraient être utilisées à d’autres fins si et seulement si la classe politique haïtienne avait appris des erreurs du passé.

7 février 2024 qui devait marquer le retour d’Haïti à la démocratie n’a pas tenu ses promesses. Le Premier ministre Ariel Henry et ses alliés n’avaient pas trouvé pendant toute l’année 2023 la formule pour porter leurs adversaires politiques à embarquer dans leur projet d’élections. Le chef du gouvernement n’a pas non plus tenu sa promesse de rétablir la sécurité à travers le pays. Il a cependant trouvé la formule pour continuer à jouir de la confiance de la communauté internationale. Si cette communauté internationale à travers les Etats-Unis a renouvelé sans nuance son appui à Ariel Henry, elle tarde cependant à lui donner les moyens pour soulager les souffrances d’une population à bout de souffle.