PENSÉES CONJONCTURELLES. LA CONSTITUTION HAITIENNE – 37 ANS. 29 mars 2024
L’étranger, l’Occident, comme désiré, nous met le plus loin possible de la Constitution dans la perspective de la changer à son profit, tant pour l’exploitation de nos ressources, de notre main d’œuvre, de notre intelligentsia, du contrôle total du territoire, que tant pour nous imposer de nouvelles données sociétales impropres à nos us et coutumes ; et sans ambages, interdiction de se défendre soi-même, interdictions à droite et à gauche, donc barrer et surveiller le nègre en Amérique, car le racisme est, et à toujours été la pierre d’achoppement depuis notre guerre d’indépendance victorieuse et la mise en place d’une nation nègre.
Quant, il faudrait néanmoins rester plus près de la Constitution pour être en mesure de la rendre praticable, applicable et de l’amender au besoin ; pas de la changer au profit de l’étranger. Avec la reprise et la continuité des normes constitutionnelles, et pour débuter, revenir avec les préceptes constitutionnels qui indiquent la marche à suivre, selon l’article 149 de ladite Constitution et opportunément passer par la Cour de cassation régulatrice.
Avec le recours à la Cour de cassation, un Président provisoire aura le pouvoir constitutionnel de choisir ou nommer ou passer au vote interne pour le choix d’un Premier ministre parmi tous ces aspirants au pseudo Conseil Présidentiel ; disons un Premier ministre plutôt technocrate pour conduire le gouvernement et les affaires de l’Etat. Le Président provisoire impliquerait forcément une administration bicamérale, comme souhaité autrefois. Le Président provisoire a et aura le pouvoir et la capacité de convoquer l’armée de 1500 hommes pour combattre les gangs armés, car elle est formée et rémunérée en conséquence, et de même renforcer et armer la police nationale.
Le Président provisoire issu de la Cour de cassation a déjà fait jurisprudence (i.e. Ertha Pascal-Trouillot et autres) et a mené aux élections suite à la promulgation de la Constitution le 29 mars 1987 votée au prix du sang par référendum, alors que les différents Conseils de gouvernement précédents ont en gros perpétué le statu quo et les suites sont connues, toujours les mêmes combines.
CONSEIL PRESIDENTIEL
Comment installer un Conseil présidentiel avec la présence et la violence des gangs armés si ce problème n’est pas résolu, car les gangs peuvent empêcher le fonctionnement du Conseil, empêcher violemment son installation, paralyser leurs aires d’action autour de la capitale, et occasionner plus de désastres et de morts dans la population. Se débarrasser de ces gangs, de ces cancers, reste primordial avant la mise en place de ce Conseil composé d’éléments antagoniques, voire en collusion avec les gangs. Faire comme s’ils n’existaient pas s’avère enfantin, imprévisible et prouve un certain je m’en foutisme dans la mesure que l’on soit au pouvoir, au timon des affaires. La population en prend certainement note, et l’on sera hypocritement offusqué de sa réaction, de son éruption violente.
Vu les conflits d’intérêt au sein du Conseil, vu les dissensions qui ont déjà débuté même au cours de l’élaboration dudit Conseil, dissensions qui deviendront de plus en plus flagrantes voire conflictuelles et violentes, vu le ratio et la quantité quasi majoritaire des PHTKistes et alliés, ce Conseil risque d’imploser et même d’exploser.
De plus, un pays qui ne peut même pas satisfaire le primum vivere basique, comment trouver les ressources financières et humaines pour neuf membres et leurs suites : cabinets, deuxièmes résidences, per diem, loyers, véhicules, etc. Ne sommes-nous pas un État en faillite, un État failli ? Nous quémandons avec notre bol en main à longueur de journée et nous vivons d’assistance, et paradoxalement l’on se comporte comme un Etat ayant de grands moyens ou comme un Etat disposant de grandes ressources financières.
On se laisse pourtant enfoncer dans l’abîme par ces procédés importés et exigés par les étrangers qui certainement financent et contrôlent toutes les factions en présence à notre détriment et qui ne veulent pas notre bien.
Il faut changer le système ! Il faut changer notre fonctionnement ! Il nous faut un pays tout neuf. Ce que les autres ne veulent pas.
MONTANA – LAVALAS & AUTRES
Comment faire un changement avec les mêmes personnalités et groupements politiques qui ont conduit Haïti là, au point crucial, où elle se trouve ? Est-ce qu’ils peuvent aussi faire partie de la solution ? Quid des élections de 2010 montrant les doigts des Clinton dans le changement des résultats qui nous ont forgé un PHTK qui a totalement démantibulé tout un pays, toute une jeunesse, toute une économie… ; quid de l’affaire Petro Caribe ; quid du CIRH ; quid des gangs et de leurs établissements, de leurs financiers et de la provenance de leurs armes destructrices et meurtrières qui nous tuent ; quid des kidnappings paupérisant davantage les classes moyennes ; quid de tous les disparus ; quid de tant de pleurs, de deuils et de semblables afflictions ; quid d’apporter un répit à tant de souffrances. Entrer en association avec ces gens, ce n’est plus une rupture, c’est plutôt une continuité.
Qu’adviendrait-il donc de la crédibilité et de l’impopularité de certains ? Fanmi Lavalas avait auparavant parlé d’un Conseil d’Etat et l’Accord Montana avait prôné un Conseil présidentiel ; ces organisations politiques participent ainsi à l’aliénation et à la disparition de la Constitution. Elles ont discrédité leurs propres principes en signant l’acceptation d’une force étrangère contrairement à leurs énoncés de base. Elles s’asseyent et négocient avec les profanateurs de la société contrairement encore à leurs principes de base. Elles prennent des injonctions de la CARICOM agissant comme des valets de l’Occident ou des sujets du roi de par leurs affiliations à la couronne britannique. C’est honteux !
Des petits pays de la CARICOM en superficie, en histoire, en population, en économie, etc., à qui on a fait don de leur liberté, de leurs indépendances au début des années 1960’s, soit près de 160 ans après nous, soit des petits qui ont besoin de notre marché de 12 millions d’habitants, et qui ne peuvent rien nous offrir en retour, certains dépendent toujours de l’Angleterre. Ils font la sale besogne, et nous acceptons ou sommes forcés qu’ils nous traitent en mineurs, nous !, à l’instar de leurs maîtres USA, France, Canada, Angleterre, Allemagne, en bref, l’Occident assisté par leurs affidés l’ONU, OEA, FMI, BID, pour ne citer que ceux-ci. Tant vaut nos perpétuelles luttes intestines encore résultantes évidemment des séquelles coloniales issues de cet Occident ! Ces organisations politiques mentionnées ci-dessus courent alors le risque d’être répudiées à jamais par la population haïtienne. Certainement, en Sciences politiques, il s’agit d’un jeu à somme nulle.
FINALITES DE L’OCCIDENT
Tout ce monde n’a qu’une visée : faire disparaître Haïti ! Ces pays de l’Occident nous en veulent en raison de leur racisme endémique, d’une part ; surtout que nous les avons battus, d’autre part. Et encore, ils nous ont mis en quarantaine économique, raciale, sociétale dès la naissance d’Haïti et jusqu’à nos jours (1804 – 2024). Nous qui avons lutté victorieusement, qui avons battu l’armée napoléonienne à Vertières, qui avons brisé l’ordre économique mondiale basée sur l’esclavage et la traite des Noirs, la première révolte d’esclaves triomphante de toute l’histoire de l’humanité, qui avons aussi instauré, par ce biais, tous les mouvements de libération pour tous les opprimés de la terre !
Bien dommage pour ce monde occidental, Haïti résistera car son histoire et sa culture sont inaliénables.
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