Tous ceux qui suivent les événements autour du changement de gouvernement en cours en Haïti depuis près d’un mois se posent une série de questions.
Après la décision des États-Unis d’Amérique de se défaire du premier ministre Ariel Henry et de le remplacer par le Conseil présidentiel de transition, sommes-nous en présence d’un verre à moitié vide ou d’un verre à moitié rempli ?
Le pays sort-il d’un exécutif inefficace pour passer à un exécutif efficace ?
Allons nous troquer un inefficace pour plusieurs inefficaces ?
Depuis le 29 février et les attaques meurtrières des gangs sur Port-au-Prince et sa grande région, les Haïtiens confirment, si besoin était, que le gouvernement Henry -qui est en place depuis juillet 2021- n’a aucun projet ni souci d’adresser les problèmes qui accablent la population.
En 2021 comme en 2024, la principale mission du premier ministre Henry est de compter les jours qui passent en prenant le moins d’initiative possible.
Dans le même temps, depuis 2021, les oppositions qui réclamaient son départ n’avaient pas, semble-t-il, préparé la prise du pouvoir. Le cadeau du 11 mars 2024 les a surpris, les a pris au dépourvu.
Dans six jours, cela fera un mois depuis que le Conseil présidentiel de transition cherche la bonne route pour entrer au palais national. Chaque jour, depuis le 11 mars, on a l’impression que les pères, parrains et membres du Conseil préfèrent s’adonner à de la broderie fine plutôt qu’à de la chirurgie de guerre.
Au lieu de chercher à stopper l’hémorragie qui emporte les forces vitales de la population et de l’Etat, nos apprentis hommes politiques semblent s’écharper sur les bienfaits de la chirurgie esthétique sur les mourants.
Alors qu’il y a urgence, les successeurs d’Ariel Henry s’installent dans les petits souliers confortables du premier ministre sortant.
Avec les jours qui passent, la question n’est pas de savoir si nous nous rapprochons du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein mais la vraie question est de vérifier s’il y aura encore un verre demain.
Mesdames et Messieurs les sortants et les entrants, cessez d’étaler votre incompréhension de la situation. Avancez. Agissez. Prenez vos responsabilités.





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