L’arrêté officialisant la nomination des membres du Conseil présidentiel de transition a été publié dans Le Moniteur, mardi 16  avril 2024.

Après le décret créant le Conseil, le gouvernement Henry a franchi une autre étape avant de sortir de la scène politique.

Si le décret n’avait pas plu aux parties prenantes qui ont désigné les membres du Conseil, on se demande comment ils vont apprécier les considérants suivants qui sont inscrits dans l’arrêté :

« Considérant que les différents secteurs, parties au Consensus, ont désigné formellement et, en toute connaissance de cause, leurs représentants au Conseil Présidentiel de Transition; ce qui implique qu’ils les ont choisis en prenant le soin de vérifier qu’ils répondent bien aux critères d’éligibilité établis par la Constitution et convenus dans l’entente trouvée le 11 mars 2024 à Kingston, Jamaïque ;

Considérant qu’une contre vérification par le Conseil des ministres de l’éligibilité des personnes désignées est rendue quasiment impossible, du fait de la non-présentation à date des documents requis ;

Considérant que pour accélérer le processus en cours, il y a lieu de nommer les membres du Conseil présidentiel de transition, à charge pour ceux-ci de soumettre les pièces requises ultérieurement dans un délai raisonnable et, qu’à défaut de pouvoir le faire, ils seront obligés de se démettre ».

S’il ne s’agissait pas de l’avenir du pays, déjà confronté à de graves difficultés, il y aurait de quoi sourire en lisant les considérants qui enveloppent le processus de nomination d’un trop léger parfum de légalité.

Bien entendu, les membres du Conseil et les parties prenantes ne peuvent pas continuer à demander au gouvernement des corrections. Le temps presse.

La communauté internationale non plus ne peut pas attendre que les Haïtiens s’entendent sur des textes parfaits.

Les uns et les autres vont devoir se satisfaire d’un décret et d’un arrêté qui violent ou la constitution ou les lois ou les accords trouvés ou les espérances.

Un nouveau régime se met en place en Haïti. Faute de dialogue entre les parties, les textes fondateurs renferment les germes des prochaines crises. Espérons qu’à l’usage les corrections s’imposeront.