Résultant d’un très large consensus entre les principales forces politiques, le secteur privé et des représentants de la société civile, le Conseil présidentiel de transition a finalement prêté serment la semaine dernière. La cérémonie s’est tenue au Palais national. La petite victoire symbolique a été savourée. Mais les rafales d’armes automatiques en fond sonore de l’hymne présidentiel ont bien souligné la dégradation de la situation sécuritaire et démontré que les forces de l’ordre évoluent dans un contexte défensif, de protection du Champ de Mars, l’ultime rempart aux gangs ayant fait main mise sur tout le centre-ville de Port-au-Prince.   

 Installé au pouvoir, le CPT doit maintenant élire son président, nommer un nouveau gouvernement pour compléter l’exécutif, dont l’une des pressantes charges est de ramener la sécurité à un seuil vivable au niveau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Il doit proposer une nouvelle mouture de la Constitution de 1987 et réaliser des élections générales libres, honnêtes et équitables pour que la population puisse s'approprier à nouveau de l’un des attributs et caractéristiques de la démocratie. Le CPT se prépare ce mardi à choisir son président. Les candidats déclarés ont envie, font campagne. A l’évidence, on saura assez vite peut-être, grâce aux échos des coulisses, comment se sont déroulées les incontournables négociations qualifiées de « repartimientos » par certains, de «partage de responsabilités» par d’autres. Beaucoup de cartes seront un jour dévoilées, des ambitions seront confirmées et les principales orientations édictées. On saura si c’est un « apre nou se nou », la philosophie politique des chefs d’ici qui aiment circuler avec un brevet d’impunité en poche. D’autres cartes seront connues.