Cela fait trois ans que la communauté internationale encourage une prise en main du dossier Haïti par des Haïtiens. Solutions haïtiennes aux problèmes haïtiens, préconise-t-elle. Pour y arriver, on recherche le fameux consensus haïtien.   

Comme ce consensus entre politiciens haïtiens  est difficile à trouver, un autre consensus a vu le jour du côté des pays amis d’Haïti : minimiser la crise sécuritaire, le principal problème d’Haïti; mettre l’accent sur la crise politique et accompagner les mauvaises solutions.

En cours de route, depuis trois ans, la communauté internationale a multiplié les promesses, les déclarations et son soutien à des exécutifs.

Pendant ces trois ans, de perfusions de bonnes volontés affichées, les problèmes d’Haïti ont empiré. Le nombre de morts, de blessés, de kidnappés, de déplacés, de faillites etc. etc., tout a augmenté de façon exponentielle.

Sans se fatiguer ni changer de disque, la communauté internationale continue de déverser son monceau de promesses, de déclarations et d’actions pour aider à résoudre le cas haïtien.

Au micro du Nouvelliste le 25 avril dernier, Maria Isabel Salvador, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU et cheffe du BINUH en Haïti, a rappelé :« Ce qui manque sur le terrain, c'est un appui à la police avec du personnel. Et pour le moment, c’est le MMAS qui pourra fournir du personnel sur le terrain. C’est pour cela qu’il faut insister et continuer à forcer pour le financement de cette force. Il y a des pays qui ont promis une aide financière, mais jusqu’à maintenant ce financement tarde à se concrétiser. On espère que dorénavant ça va arriver ».

Les promesses non tenues et les promesses insignifiantes des grands pays amis d’Haïti constituent un chapitre dans les relations internationales qui pourrait s’intituler : « Mal calibrer l’aide à un pays en détresse ».

Les pays amis d’Haïti laissent les Haïtiens cuire dans leur jus et se baigner dans leur sang. Et voilà que nos politiciens incapables de produire du consensus font durer nos malheurs. Comme la communauté internationale, ils ne travaillent pas à sortir le pays des ornières.

Pour revenir aux déclarations de Mme Salvador, le 25 avril dernier, elle a dit : « Il va falloir rétablir la sécurité. Tant qu’il n’y aura pas de sécurité, il sera difficile pour n’importe quel gouvernement d’avancer. Au niveau des Nations unies, on continue de demander aux autres États membres de contribuer à la Mission d’appui à la sécurité ».

Ne pas travailler pour rétablir ou simplement chercher à rétablir la sécurité en Haïti est le consensus partagé entre nos politiciens, anciens et nouveaux depuis trois ans, et la communauté internationale.

Consensus quand tu nous tiens…