Quelques jours après l’installation des membres du Conseil présidentiel de transition, l’ex-Premier ministre Jean Michel Lapin a voulu attirer l’attention de la population haïtienne sur ce qu’il appelle « une bataille électorale » qui se joue au sein de cette structure. « La bataille électorale a démarré. C’est clair, il faut le dire à la population, avec des leaders qui se mettent toujours en tête que la seule façon d’accéder au pouvoir c’est d’abord le contrôle de la machine étatique, surtout au niveau du financement et de l’organisation des élections. C’est ce qui se trame. 14 mois séparent août 2024 et octobre 2025, or lorsqu’il n’y a pas autant de problèmes pour rétablir la sécurité et la circulation des gens dans le pays, nous mettons environ 18 mois pour réaliser les élections. Nous disposons de 18 mois, voire moins que ça; nous risquons de tomber dans des élections « bouyi vide » qui vont nous conduire dans des problèmes beaucoup plus graves que ceux auxquels nous faisons face aujourd’hui, à partir de février 2026 », a alerté M. Lapin.

Pour qu'il y ait des élus installés dans le pays à partir du 7 février 2026, le processus de l’organisation des élections doit débuter en octobre 2025, croit Jean Michel Lapin. Il rappelle qu'avant l’organisation des élections, des dispositions doivent être prises pour rétablir la sécurité, créer un Conseil électoral provisoire, et analyser la réalité en matière électorale. Se questionnant sur la gouvernance que mettra en place le Conseil présidentiel de transition en lien avec ces chantiers, M. Lapin a souligné que « la lutte qui s’est déclarée entre les secteurs offre à la population la possibilité de rester vigilante pour exiger des membres du Conseil de déverrouiller l’accord. C’est un accord qu’ils ont conçu et qu’ils appliquent en fonction de leur intérêt. Or, a-t-il soutenu, si d’ici le 1er août le Conseil électoral provisoire (CEP) ne prend pas fonction pour enclencher le processus électoral administrativement, on peut dire adieu au 7 février 2026 ».