L'absence de la cohésion qui doit exister pour permettre au Conseil présidentiel de transition d’honorer ses engagements envers la population haïtienne continue de soulever des inquiétudes. Des acteurs issus de différents secteurs de la vie nationale peinent à croire que les conseillers arriveront à faire un dépassement de soi pour prioriser uniquement l’intérêt de la nation. « Un chef du gouvernement s'en est allé, il faut mettre des structures de remplacement. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Je ne sais pas d'où l'idée de départ a émané, mais la communauté internationale l'a suivie dans une méconnaissance totale de l'anthropologie du pouvoir en Haïti. Nous avons créé un monstre à sept, sinon à neuf têtes. Vu tous les désaccords politiques que nous avons vécus pendant toutes ces années, je ne vois pas comment nous pouvons avoir un exécutif qui pourra s'entendre sur une série de décisions. Or, tenant compte de la situation économique et sécuritaire, nous avons besoin de décisions rapides et claires et d'une ligne d'action à définir », a avancé Michèle Oriol.
Le fait que les conseillers présidentiels n’ont pas pu choisir un président sans heurt a consolidé la position des pessimistes. « Nous avons accouché d'une solution politique dont on pouvait anticiper l'échec. Elle nous montre que dès le premier choix à faire, c'est la zizanie qui s'est installée tout de suite. Je n'ai aucun espoir que la situation s'améliorera. Il faut essayer de chercher des solutions qui correspondent le plus à la tradition politique haïtienne; il y a des références légales. Là, nous sommes en train d'improviser des procédures au jour le jour, ou du moins, nous sommes en désaccord avec certaines procédures parce que nous pensons qu’il y a des intérêts cachés. C’est très compliqué, alors qu’il y a des problèmes réels au quotidien qui doivent être réglés et parallèlement l’exode de la classe moyenne continue’’, a fait remarquer Michèle Oriol du CIAT, qui prône un retour à la Constitution de 1987 non amendée. Elle dit croire, contrairement à ce que pensent certains Haïtiens, que la situation peut s’aggraver si rien n’est fait pour y apporter une solution. Mme Oriol pense que beaucoup de problèmes de cette transition résident dans le fait qu’ils sont créés par la Constitution de 1987 amendée. « Tous les sages avaient prévu qu’elle allait provoquer des problèmes », a argué. Mme Oriol.






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