L’idée de mettre à la tête du pays un conseil d’au moins cinq personnes est haïtienne.
C’est l’accord de Montana qui a la maternité du conseil présidentiel. L’idée avait été rejetée par l’ancien premier ministre Ariel Henry et ses alliés de l’accord du 21 décembre.
Le Haut Conseil de la Transition (HCT) sera une traduction incomplète de la présidence collégiale. Il aura trois membres mais ne sera jamais élargi. Aujourd’hui, on ne sait pas quel est le sort de cet ancêtre du CPT.
C’est le secrétaire d’État américain Antony Blinken qui donnera un second souffle au concept de conseil présidentiel et c’est lors des réunions par Zoom avec la Caricom que le Conseil Présidentiel de Transition émergera dans sa forme actuelle comme la solution.
Ce CPT, à la paternité multiple, est la version actuelle de l’Union fait la force. Toutes les principales forces politiques et économiques y sont représentées. C’est une opportunité inédite et une cacophonie indescriptible.
Le CPT est aussi l’expression que les faibles ne se font pas confiance. Aucune des parties ne pouvant dominer l’ensemble, on cherche l’équilibre dans la répartition égalitaire des pouvoirs.
Aux dernières nouvelles, et sauf revirement de dernière minute, le CPT va changer d’essence ce mercredi 8 mai. Finie la présidence unique pour tout le mandat, bonjour la présidence tournante. Le mandat partagé.
Chaque conseiller ou simplement les candidats déclarés à la présidence du Conseil, à tour de rôle, chacun va goûter au bonheur de la chaise bourrée et aux privilèges réservés au président de la République.
Autre changement majeur, le Conseil Présidentiel de Transition aura un nouveau mode de calcul de la majorité pour les questions importantes. Fini le 4/7, on va passer au 5/7.
On attend d’avoir les explications si les 5 voix sont introuvables sur un sujet en discussion.
Depuis le 29 février 2024, toutes les options sont sur la table. Rien n’est gravé dans le marbre. Nous vivons une construction institutionnelle en marche. En progrès. Lentement et à bas bruit.
En dépit de ses faiblesses, il faut espérer que la solution haïtienne aux problèmes haïtiens finira par trouver le droit chemin. Même si tâtonner restera la méthode pour avancer.





Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.