Cayes-Jacmel ce dimanche 5 mai, il est 17h. La journée ronge ses heures. Sur la plage « Ti Mouyay », les flots de la mer rugissent. Le soleil s’éclipse en douceur, laissant sa place à une douce brise provenant des collines d’en face. La nature s’offre en spectacle dans ce coin paradisiaque du sud-est. Une atmosphère qui tranche avec le chaos qui règne à Port-au-Prince depuis plusieurs mois. 

Ici, les sifflements des armes automatiques sont remplacés par un concert de cris d’oiseaux et d’insectes de toutes sortes. Les épaisses fumées de pneus enflammés ou de bâtiments incendiés visibles partout dans la capitale, sont remplacées par des amoncellements de nuages dans le ciel, courant ça et là, annonçant l’imminence de la pluie. N’étaient nos pauvres jambes engourdis, ce cadre, apaisant, aurait pu nous faire oublier, mon ami Étienne Coté Paluck, son assistant Jean Elie Fortuné et moi, le long périple, pédestre et motorisé, de plus de 8h, que nous venons de réaliser pour quitter Port-au-Prince sans passer par les territoires contrôlés par les groupes criminels.