Qui a fait le décompte des droits des enfants qui sont bafoués et violés pendant la crise sécuritaire de ces dernières années ?
Il y a ce que tout le monde voit : l’impossibilité pour un très grand nombre d’enfants d’aller à l’école ou leur incapacité de jouer en plein air. Les enfants ont de moins en moins accès au savoir et aux joies de la vie. L’insouciance leur est de plus en plus inaccessible.
Il y a aussi toutes les formes de violence qui les frappent dans le cadre familial à cause des restrictions de toutes sortes que vivent les parents. Passer de maisons en abri, de « la descente » chez un proche à un chemin de croix de quartier en quartier à la recherche d’une adresse sûre, cela tape sur les nerfs des parents et les enfants en souffre.
Il y a aussi toutes les violences sexuelles qu’un enfant peut subir quand son monde vacille. Dans un milieu normal un enfant est une proie, quand ça va mal, les risques augmentent.
En Haïti, en 2024, même les droits à la santé ne sont plus garantis pour les enfants. Les femmes enceintes ont des difficultés à obtenir les soins et traitements, accouchent dans des conditions difficiles, ne peuvent pas toujours offrir les soins pédiatriques aux enfants qui pâtissent comme tout le monde du cataclysme qui s’est abattu sur le secteur de la santé dans la région métropolitaine en particulier et sur le pays en général.
Rien que la rupture des schémas vaccinaux va causer des torts irrémédiables à toute une génération.
Dans certains quartiers, des enfants, des adolescents sont enrôlés de force dans des gangs pour servir d’enfants soldats ou d’aides à tout faire.
Dans ce tableau sombre, voilà que l’ONU communique des statistiques qui glacent le sang : Entre janvier et décembre 2023, 128 enfants ont été tués, 78 autres mutilés, a révélé un rapport présenté sur la situation des enfants au Conseil de sécurité de l’ONU en ce mois de juin 2024.
Ces enfants ont été victimes « dans des tirs croisés entre des gangs armés et la police nationale haïtienne. Les pertes sont principalement dues à des balles perdues dans le cas de 125 enfants et à des assassinats ciblés concernant 62 enfants, y compris des enfants victimes de viol collectif ou brûlés vifs dans le cadre de représailles », peut-on lire dans ce rapport qui détaille le sexe des enfants et les gangs auxquels ces actes sont attribués.
Dans un article qui fait la Une de cette édition on peut prendre connaissance de la comptabilité macabre de la responsabilité de chaque gang dans la mort des enfants innocents, ces victimes invisibles.





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