Pour la première fois, Haïti va-t-il siéger à la Commission sur les réparations de la Caricom ? Oui.

Haïti avait-il le droit de siéger au sein de cette commission depuis 2013 ? Oui.

Haïti était-il membre de fait de la commission sur les réparations de la Caricom depuis 2013 ? Sans doute.

Haïti a-t-il participé une fois aux travaux de la Commission depuis 2013 ? Jamais.

Haïti vient-il d’intégrer officiellement la Commission de réparations ? Oui.

Dans les pages du Nouvelliste les deux informations ont circulé paraissant même être en contradiction.

Il n'en est rien.

Comme souvent, Haïti prend des engagements ou fait des choix lors de sommets et de réunions à l'étranger. Et, comme souvent,  les suivis ne sont pas faits.

Selon les informations disponibles, c’est le caractère sensible et très politique de la portée de siéger à la commission sur les réparations de la Caricom qui avait freiné les responsables haïtiens en 2013.

Le sort fait au président Jean Bertrand Aristide était dans toutes les mémoires, en 2013.

Restitution et réparation avaient coûté cher à des politiques et au pays.

Comme le premier ministre Gérard Latortue et le président René Preval avant lui - qui avaient préféré entretenir de bonnes relations avec la France au lieu de revendiquer-, les responsables de 2013 n’avaient pas donné suite à cette affaire de commission de réparations.

Ces dernières années, certaines autorités ont acheté leur paix d'esprit, d'autres le loisir d'aller boire du thé à l'Elysée et le président Martelly a obtenu une visite du président François Hollande en Haïti, une visite à Paris pour lui et une promesse de millions pour l'éducation. Il n’a rien réclamé à la France et a évité de réveiller les chats endormis.

Ni la promesse faite au président Préval de reconstruction du palais national après le séisme par le président Nicolas Sarkozy ni la dette morale du président Hollande n'a eu de vraie suite.

Haïti s'est fait avoir. Mais au moins les présidents et premier ministre concernés ont été au bout de leur mandat contrairement au président Aristide.

Aujourd'hui que l'Université d'État d'Haïti ramène sur la table la question des réparations- on ne parle plus de restitution- le rôle de la Caricom refait surface.

La nouvelle ministre des Affaires étrangères, Dominique Dupuy, se lance dans un chantier qui ira au-delà de la transition.

2001, 2004, 2010, 2013, 2015, 2024, il y a eu plusieurs étapes sur la route qui doit nous conduire aux 200 ans de l’ordonnance de Charles X de 1825 qui donna naissance à la double dette en plus des malheurs de l’esclavage et de la colonisation.