“Ma belle-sœur me sourit” il disait, peut-être pas assez souvent, avec un sourire narquois de petit enfant, mais c’était l’un de ses témoignages d’amour à ma sœur Viola CLESCA.
Et avant-hier à mon arrivée en trombe d’Haïti après l’appel catastrophique de Vi, tout comme hier, et pour toujours, sa guitare était vidée de son sens, et sa chaise préférée vidée de son grand corps ébène.
Oui, parce que mon beau-frère Jude Ralph Blanchard était parti dans cet autre monde où il côtoiera très certainement, la lumière… C’est que ce monsieur côtoie la lumière depuis longtemps. Il était dans la lumière quand je l’ai entendu pour la première fois lors d’un concert avec le groupe STRINGS, qui mélangeait le flamenco avec les rythmes des troubadours haitiens.
Ce grand monsieur aux lunettes était d’une générosité légendaire. Il se donnait. Il était prêt à aider les autres, des fois au sacrifice de sa santé, disait souvent Viola.
“Bon Dieu lage m fwa sa a,” il lui a dit juste avant d’arrêter de respirer dans ses bras au bord d’une foutue autoroute de Miami. Tout en montrant son talent de poète- quelle sublime métaphore pour la mort- détrompez vous, c’était un fervent croyant en Dieu. Mais, il aimait la vie et regrettait surement de ne pas pouvoir continuer à vivre là, sur cette terre, avec ceux et celles qu’il aimait tant.
Les hommages au musicien, au compositeur, au poète, à l’ami, à l’homme qu’était Jude Ralph Blanchard de ceux qui le connaissaient mieux — çeux et celles du Canapé-Vert où il a grandit où de Saint-Louis de Gonzague où il a fait toutes ses classes, et qui l’appelaient Ralpho — sont nombreux. Il les mérite tous.
Il était taquin… il s’appelait “le petit poisson” quand il nageait à la tombée de la nuit.
Il adorait les siens, son épouse, ses enfants, son frère Allan, ses sœurs Sabrina et Shirley, et ses amis.
Il avait toujours quelque chose de bien à dire des autres. Je l’ai entendu dire à Dener Ceide de ZAFÈM au téléphone, “I love you, man”, comme quoi il ne fallait jamais raté l’occasion de dire à l’autre qu’on l’aimait. C’est une grande qualité.
Il a rendu ma sœur heureuse et je le suis reconnaissante.
Quelle belle vie qu’il a vécu d’avoir pu nous apporter le sourire, l’amitié, l’amour, la poésie, la musique!
Il est parti trop tôt, ouiiii, je sais.
Nous le pleurons, ouiii, je sais.
Mais je ne peux qu’imaginer la bienveillance avec laquelle il a été accueilli par son Dieu qu’il aimait et priait tant.
Et j’imagine avec délectation sa rencontre là-haut avec Toto Bissainthe, Lumane Casimir, Ti Paris, Nemours Jean-Baptiste, Jean Brierre, et les autres. Quel homme chanceux, ce sacré Ralph Blanchard!
Que je suis chanceuse d’avoir pu être éclairée, même pendant tres peu de temps, par sa lumière.
Que Viola, ses sœurs, son frère et son épouse, ses enfants, son CLAN d’amis, sa famille de musiciens trouvent le courage pour supporter cette grande perte et cet immense vide.
Il faudra vraiment fêter sa vie avec des strings !
A bientôt, Ralph,
Ta belle-sœur
Monique Clesca





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