La question de l’avortement reste jusqu'à présent un sujet quasi tabou en Haïti. Alors qu’on peine à en parler, des femmes en sont victimes à tort et à travers ; que ce soit à cause des conditions peu saines dans lesquelles l'opération est effectuée, le caractère clandestin que revêt le processus, ou encore l'échange pécuniaire qui doit en découler. L'avortement devrait être accessible, gratuit, légal et un choix libre.
D’après un article publié par "Le Monde" le 4 mars dernier, les avortements clandestins représentent la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde. En Haïti, nos femmes, contraintes d’employer des méthodes non conventionnelles pour interrompre une grossesse, s’exposent à des pratiques dangereuses qui mettent leur vie en péril, tant pendant qu’après l’intervention. Craignant les jugements et remarques désobligeantes, elles se voient obligées de mettre fin à leur grossesse en secret, un droit qu’elles devraient pourtant exercer librement. Après tout, qui sommes-nous pour dicter à une personne ce qu’elle peut ou ne peut pas faire de son propre corps ?
En Haïti, l'avortement reste illégal en raison de l'absence de législation spécifique et de l'article 262 du code pénal qui le criminalise. Par conséquent, des praticiens le réalisent clandestinement, ce qui dissuade les femmes de les considérer comme une option lorsqu'elles cherchent à interrompre une grossesse. Ce manque d'accessibilité se manifeste à deux niveaux : non seulement ces praticiens opèrent dans la clandestinité, mais lorsque certaines femmes parviennent à les localiser, elles se heurtent aux tarifs exorbitants imposés. Beaucoup d'entre elles, incapables de payer, retournent chez elles, cherchant désespérément à réunir l'argent nécessaire, mettant ainsi leur vie en danger pour interrompre leur grossesse.





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