Coup d’Etat, coup de force, coup d’éclat, coup de théâtre, coup bas ou coup d’épée dans l’eau… À quoi Haïti et ses multiples problèmes doivent-ils s’attendre de nos chers chefs ?

La question était de mise au lever du jour ce 7 octobre 2024, quelques heures après ce qui restera comme le dernier message à la nation d’Edgard Leblanc Fils, premier président du Conseil Présidentiel de Transition.

Au final, la journée s’est déroulée tranquillement. La population ne s’est pas particulièrement intéressée aux affaires politiques qui n’ont plus, depuis des années, de répercussions sur sa vie.

Après publication d’une résolution signée de huit des neuf membres du CPT, Leslie Voltaire a été intronisé nouveau président du Conseil. Il va régner pendant quatre mois.

Si la tournante à la tête du pays connaît des changements, les grandes lignes du projet CPT restent inchangées. Il y aura 4 présidents comme convenu. La majorité pour adopter les grandes décisions est de 5 membres sur 7. Aucun conseiller ne sera mis de côté ni éjecté.

Sur le papier, la stabilité est assurée et le pacte qui lie les membres du CPT paraît solide, ce 7 octobre 2024.

Comme c’est le cas depuis des décennies en Haïti, l’idée qu’on se fait des dirigeants, l’image qu’ils projettent, les accusations qui les touchent, rien ne compte plus que la réalité du pouvoir et toutes les forces -- politiques, diplomatiques et de la société civile- s’inclinent devant le chef du jour.

Tout le monde fait comme si tout va bien jusqu’à ce que le projet de pouvoir s’évapore.

Pendant que le temps passe, la situation de la population et celle du pays empirent.

Deux mondes semblent cohabiter dans notre pays, l’un où le temps peut passer comme il veut, tant le dérisoire prend de la place, et un autre où chaque seconde compte, tant le péril est grand.

Ce 7 octobre 2024, la situation de nos compatriotes en République dominicaine est le vrai sujet mais il n’était pas à l’ordre du jour.