La journée du mardi 22 octobre 2024 s’est déroulée dans un certain calme en Haïti. Les gangs n’ont pas accompli d’exploit spectaculaire et le duo CPT-PM n’a pas échangé de lettre ni organisé de réunion rien que pour pouvoir se faire prendre en photo.

Une session s’est tenue à l’ONU où la grave situation du pays a été présentée aux membres du Conseil de sécurité. Le carnet n’est à l’honneur ni de la présidence ni de la primature.

Quels que soient les mots employés par les diplomates, les avancées sont rares, les progrès infinitésimaux et « l’espoir se transforme en profonde inquiétude »,  pour reprendre les propos de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti, Maria Isabel Salvador.

Alors que le discours de l’ambassadeur d'Haïti, Antonio Rodrigue, semble ouvrir la porte à des relations apaisées avec la République dominicaine, alors que se tient ce mercredi à Washington une importante table ronde des bailleurs, alors qu’une mission de l’Association des Industries d’Haïti arpente les couloirs de l’administration américaine pour pousser à faire voter le renouvellement de la loi Help/Hope, les deux branches de l’exécutif haïtien ont intérêt à conclure un « cessez-le-jeu ».

Il faut que nos chefs effectuent un partage des eaux, une répartition des domaines de compétence, une reconnaissance des périmètres de pouvoirs de chaque branche. S’ils n’y arrivent pas, on peut déjà dire adieu à cette transition dans la transition.

Le duo CPT-PM peut encore sauver la mise, mais les deux protagonistes doivent accepter de partager la seule bouteille d’oxygène disponible : la cohabitation harmonieuse.