Les observateurs attendaient un signe pour clore le chapitre du second passage de Garry Conille au poste de premier ministre de la République d’Haïti. C’est fait.
« Je prends acte de la nomination de Alix Didier Fils-Aimé en tant que Premier Ministre de la République d'Haïti et lui adresse mes voeux de réussite dans l'accomplissement de cette mission. Dans ce moment crucial, l’unité et la solidarité sont essentielles pour notre pays. Vive Haïti ! »
Ce message a été posté sur le compte X de celui, le seul à date, qui a été deux fois titulaire du poste de premier ministre. Conille signe dans le calme sa sortie de scène de remplaçant d’Ariel Henry.
Deux jours plus tôt, par une résolution, le Conseil présidentiel de transition avait remplacé Conille par Alix Didier Fils-Aimé.
Cette nouvelle transition dans la transition confirme la mauvaise santé de la gouvernance dans notre pays.
Haïti, en 2024, c'est déjà trois premiers ministres, deux présidents, une guerre perdue contre l'insécurité et de l'incertitude à l'infini...
L’histoire, si elle a du temps, un jour, cherchera à comprendre les raisons de l’échec des uns et des autres et notre gros ratage collectif.
Comme lors de son premier passage, Conille laisse la primature sur un conflit ouvert avec la présidence. Hier c’était son affrontement avec le président Michel Martelly qui l’emporta. Aujourd’hui, douze ans plus tard, il perd son bras de fer avec le président Leslie Voltaire.
En 2012, Conille soulevait de lourdes questions sur les milliards du Fonds PetroCaribe. Cette année, c’est le scandale BNC-CPT-ULCC qui est en toile de fond de sa déroute.
En 2012, la majorité parlementaire qu’il tenta de rassembler lui échappa. En 2024, les secteurs parties de l’accord du 3 avril ont refusé de le soutenir.
Alors que l’on se remet à parler de nouvelle constitution, le cas Conille doit porter les futurs rédacteurs du texte de base à se demander si le poste de premier ministre est vraiment nécessaire ?
On peut aussi pousser la réflexion pour définir quel sera le socle de notre prochain projet de société…
Quel est l’esprit qui anime le pouvoir et sa séparation (répartition) en Haïti en 2024 ?
La mésaventure de Garry Conille s’achève, il faut en tirer des leçons.





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