Depuis le 29 février 2024, on ne compte plus les hôpitaux, cliniques, pharmacies, laboratoires et autres éléments de la chaîne de soins qui sont indisponibles. Pas par choix, mais parce qu’ils ont été attaqués, pillés, brûlés.

L’Etat et les propriétaires privés des institutions en question ont dû se courber devant le déchaînement de violences imposé par les gangs. L’offre de soins, depuis février 2024, se réduit de jour en jour, de semaine en semaine.

La dernière mauvaise nouvelle est l’annonce de la fermeture des cinq structures médicales opérées par l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) dans la région métropolitaine.

La décision de MSF intervient après une série d’incidents impliquant des éléments de la Police nationale d’Haïti ou de la population qui ont attaqué des ambulances de l’institution, sorti de force des patients pour les frapper ou les tuer.

Depuis le 20 novembre 2024, les unités médicales de Médecins Sans Frontières ne reçoivent plus de patients. Les blessés par balle n’ont plus accès aux services spécialisés de l’ONG. Les femmes enceintes ou les porteurs d’affections diverses non plus.

Chaque jour, cent, cent cinquante ou plus de compatriotes se cassent la tête pour trouver une alternative aux hôpitaux de MSF dans une ville où se faire soigner est un luxe.

Pendant ce temps, les autorités politiques en général et ceux du ministère de la Santé publique et de la Population en particulier, ne disent rien. Le ministère de la Justice, tuteur de la Police nationale d’Haïti, dont le comportement de certains agents a, en partie, conduit à cette décision, n’a non plus pipé mot. Les responsables ne font même pas semblant de regretter l’absence de MSF. Le sort de la population n’est pas la priorité.

Si une réunion entre les autorités policières et MSF a eu lieu, personne n’a communiqué sur la question. Si une réunion a eu lieu entre le ministère de la Justice, celui de la Santé, le premier ministre ou le président du CTP et MSF, dans l’un ou l’autre cas, elle est restée secrète.

La police a sans doute du mal à comprendre qu’elle ne peut pas appréhender des patients quand ils reçoivent des soins sans mandat ni procédure. MSF est sans doute effaré de voir que des policiers ne puissent pas intégrer le principe du respect des patients. Il faut que cela soit discuté, entre les concernés, pour une reprise des services. La population en a besoin.

Pour revenir aux hôpitaux qui ferment dans la région métropolitaine, on n’a pas entendu une initiative des autorités politiques pour répartir, par exemple, le personnel public qui continue de recevoir son salaire, dans les centres de santé de l’Etat encore en fonctionnement.

Depuis le 29 février 2024, aucune annonce de l’Etat n’a été faite pour informer sur un appui aux institutions privées de santé qui ont tout perdu. Rien.

Il n’y a pas non plus d’aide en faveur des structures de santé encore en fonctionnement. Rien.

Cette année, les structures de santé, déjà fragiles, ont reçu le coup de grâce des gangs dans l’indifférence des autorités politiques d’hier et d’aujourd’hui.