Ce 16 décembre 2024 aurait dû rappeler à tous les Haïtiens la première élection démocratique tenue dans le pays sous l’égide de la constitution de 1987. Pourtant, du 16 décembre 1990 il a été très peu question dans le débat public en ce jour anniversaire.

On n’est revenu ni sur l’espérance gaspillée de « La chance qui passe », titre du programme politique du candidat vainqueur Jean Bertrand Aristide, ni sur la chance à reprendre avec la démocratie, notion perdue en ces jours tristes.

Personne n’a vraiment parlé ni d’hier ni de demain, tant nos acteurs politiques étaient occupés à aller offrir la main de leur avenir politique à l’arbitrage de la Caricom comme c’était déjà le cas en mars dernier.

Ceux qui nous avaient annoncé une « transition de rupture » en mars 2024, incarnée par le Conseil Présidentiel de transition (CPT), composé des meilleurs d’entre eux, se sont bousculés au portillon de la Caricom, avec des frustrations et des revendications qui vont jusqu’à souhaiter la table rase.

Si l’international a pu trancher, révoquer Ariel Henry et porter sur les fonts baptismaux le CPT en mars dernier, il peut bien recommencer, et pencher cette fois en notre faveur, doivent se dire les politiciens de l’actuel opposition au CPT pendant que les tenants actuels du pouvoir, eux, doivent chercher à ne rien faire qui déplairait aux Blancs…

Ainsi va la politique en ce 16 décembre 2024. Aucune des composantes de la classe politique ne pense qu’il faut passer par les élections pour accéder au pouvoir, certains verraient bien la transition et ses privilèges durer indéfiniment.

La composition actuelle du Conseil Présidentiel de Transition pose problème entre inefficacité et accusation de corruption, il est souhaitable que les discussions actuelles et les plaidoyers devant la Caricom accouchent de miracles.

Le pouvoir, à tout prix, brade la souveraineté nationale. La sous-traitance de la sécurité, brade la souveraineté nationale. L’indigence économique, brade la souveraineté nationale. La gouvernance sans résultat, brade la souveraineté nationale.

En ce 16 décembre, alors que la responsabilité des acteurs politiques est indéniable dans la crise totale que nous traversons et dans sa non résolution depuis des décennies, il faut constater que la souveraineté nationale est le cadet des soucis de nos chefs et aspirants chefs.