Sur le papier et dans les communications sur les réseaux sociaux on peut constater une multiplication des actions et décisions prises par l’exécutif haïtien.

Le Conseil Présidentiel de Transition et le gouvernement du premier ministre décident de beaucoup de choses et procèdent à des nominations.

Pour la sécurité, pour le retour des avions à l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, pour diriger les mairies, pour réguler les jours fériés ou après avoir rencontré X ou Y. Les annonces fusent.

L’État haïtien se porte bien si on ne prend pas la peine de regarder la situation concrète de la population ou d’entendre ses revendications.

Dans les faits, la majorité des grandes déclarations et des décisions des hommes et femmes qui nous gouvernent passent au-dessus de la tête et des préoccupations des gens normaux. Le décalage entre les gouvernants et les gouvernés est abyssal.

Les réunions, les commémorations des journées mondiales, les mondanités ou les déclarations d’état d’urgence, rien n’impacte la vie de la population.

Les quartiers tombent. Les agriculteurs ne peuvent plus s’occuper de leurs champs, les commerçants ont toutes les peines du monde à commercer, les écoles et universités sont à l’arrêt dans de nombreux secteurs, les initiatives de la puissance publique ne corrigent aucune de ces difficultés.

Le pays vit avec d’un côté ceux qui prennent des coups et de l’autre ceux qui ne parviennent pas à les aider. Deux mondes parallèles.

En Haïti, en ce mois de décembre 2024, actions gouvernementales et réalités sur le terrain s’affrontent sans se rencontrer.