Jusqu’au 9 janvier, les États-Unis d’Amérique rendent hommage à son 39e président, Jimmy Carter, décédé le 29 décembre 2024 à l’âge de 100 ans.
Si pour les Américains Carter est le président d’un seul mandat, en Haïti, il a joué, à un titre ou à un autre, un rôle dans notre histoire politique sur une période qui a duré plus de quatre ans.
Jimmy Carter sera d’abord le président américain qui poussa pour le respect des droits de l’homme en Haïti, un concept jusqu’alors inconnu dans nos mœurs politiques.
Sous sa présidence, on verra la libération de nombreux prisonniers politiques, un assouplissement du régime dictatorial de Jean-Claude Duvalier et les débuts de la démocratisation en Haïti. Embryons de syndicats, de partis politiques et d’associations de la société civile virent le jour pendant son administration.
Quand Carter perdit les élections, début novembre 1980, face à Ronald Reagan, le journal gouvernemental de l’époque « Le Nouveau Monde » publia un article d’Arthur V. Calixte titré : « Le bal est fini ». Quelques jours plus tard, ce fut la rafle du 28 novembre 1980 qui marqua la fin de l’expérience de la presse indépendante et décapita le mouvement démocratique naissant.
Quelques années plus tard, on retrouvera Carter, au nom de sa Fondation cette fois, au chevet des premières élections démocratiques de 1990. On dira à la fois qu’il chercha à peser sur les résultats et/ou à mettre en garde contre les dangers de l’emballement populaire sans les institutions pour garantir la démocratie…
Quelques années plus tard, en septembre 1994, Jimmy Carter reviendra en Haïti, avec le sénateur Sam Nunn et le général Colin Powell, pour négocier la reddition des Forces Armées d’Haïti (FADH), le départ des têtes d’affiches du coup d’état de septembre 1991, le débarquement des troupes américaines et le retour du président Jean Bertrand Aristide.
Ironie de l’histoire, l’apport de Jimmy Carter ne sera apprécié ni par les tenants de la dictature et des pouvoirs autoritaires ni par les adeptes déclarés de la démocratie.
Le décès de l’ancien président n’a pas été salué comme celle d’une personnalité qui a tenté d’aider Haïti en ces temps troublés que vit le pays qui le rendent totalement aphone.
Carter s’en va, les États-Unis embarquent bientôt dans une drôle d’aventure et Haïti ne cherche même plus le chemin de la démocratie et du respect des droits humains.





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