Ce 12 janvier 2025 marque les 15 ans du dévastateur séisme qui a ravagé Haïti, particulièrement la capitale, Port-au-Prince, en 2010. Dans des centaines de milliers de familles, une photo, un objet, une chaise vide tirera une pensée émue, une larme, un soupir aux proches des disparus.
Par la force des choses, un cataclysme chassant l’autre, les morts et les destructions du tremblement de terre se sont éloignés de la pensée et des préoccupations des Haïtiens qui ne sont directement concernés par le souvenir du drame.
Même l’éventualité d’un autre tremblement de terre ne semble pas effleurer nos concitoyens. Ni l’État ni la société civile ne rappellent, comme ils le faisaient timidement après 2010, que le pays est vulnérable aux menaces naturelles multiples, dont les séismes.
Les quelques secondes des secousses sismiques, aussi ravageuses qu’elles furent, ont été un bref instant de panique. Très vite, les rescapés avaient assisté les victimes, enseveli les morts, soigné leur peine comme ils peuvent et repris place dans le train-train quotidien.
Depuis le 6 juillet 2018, jour du match de quart de finale perdu par le Brésil devant la Belgique, jour d’une brusque et forte augmentation des prix des produits pétroliers en Haïti et des émeutes qui s’en sont suivies, le pays haïtien glisse dans un précipice sans fond. Subit les affres d’une réaction en chaîne sans nom.
Le déferlement de violence et de dévastation que connaît le pays depuis cette date, avec périodes de rémission et d’aggravation, a remisé le séisme de 2010 au rang successivement de grave crise, de mauvais moment, de hoquet de l’histoire.
L’étalement des troubles politiques, la radicalité toute enfantine des acteurs, l’effritement de la stabilité des institutions, la montée continue de la violence des gangs et toutes les détresses qui assaillent le pays depuis 2018 ont produit des désastres en cascade.
Même dans le protocole officiel, le tremblement de terre du 12 janvier 2010 peine à trouver sa place. À quelques heures du 12 janvier 2025, aucune annonce de cérémonie commémorative officielle n’a été publiée. Dans l’impossibilité d’aller au mémorial de Saint-Christophe, au Musée du Panthéon National, une alternative de dernière minute sera présentée, pour faire taire ceux qui ne manqueront pas de remarquer l’absence d’hommage bien planifié à l’avance.





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