Patron des Presses Nationales d'Haïti en 2012 ( durée 7 mois), envahi par le rêve grandiose de réunir la vraie petite nation dans ce qu'elle recèle de quintessence, la nation spirituelle, le corps armuré d'idées et de pensées, les bataillons des écrivains, je me suis aventuré dans le Salon national du livre avec mes collaborateurs Christophe Charles, Dominique Batraville, Briol Dorcé et le soutien extraordinaire de l'expertise mercatique de Madame Berthroneva Bourdeau et de sa petite équipe. Tout au cours de la période préparatoire, je mesurais la dévotion enthousiaste de certains comme Yanique Lahens et Claude Pierre, la sincérité d'autres comme Max Chauvet qui déclarait concéder de collaborer à une œuvre qui pourrait ombrager son extraordinaire initiative annuelle de Livres en folie. Il ne saurait ne pas épauler l'initiative audacieuse de son ancien collaborateur que je fus et que je resterai dans l'âme à son quotidien, le plus ancien du pays, Le Nouvelliste.
Homme d'État, je cachais à tout le monde les hostilités de certains secteurs du gouvernement d'alors à cette initiative dont l'accueil raliait l'opinion nationale même si, au siège choisi, la ville de Jacmel, des graffitis commandités placardaient sur les murs de la ville comme des fresques hostiles: A bas le Salon national du livre. A notre arrivée, je souriais au milieu des inquiétudes et des peurs des invités des Presses Nationales d'haïti redoutant des agressions de certains meneurs populaires engagés dans les manœuvres de boycottage. Sur le site d'accueil, les ouvriers ne parurent pas pressés, tandis que la veille l'un de ces hommes de main croyait pouvoir venir intimider un natif de Raboteau qui sait allier la bravoure et le savoir-faire de circonstance. Le major Florexil, qui m'accompagnait et qui n'a jamais mis en congé sa vaillance militaire, a dû s'exalter à la vue de mon esprit dessalinien dans une ville du Sud historique haïtien.
Cependant, les rencontres familières successives dans les milieux mondains et culturels nous ont élevés au sursum corda jacmelien remarquable dans la gentillesse de Mme Rateau, directrice de l'office local du Tourisme et de l'entregent de Mme veuve Jacques Khawly dont le mari fut un ami et, comme moi, un, ardent défenseur du développement régional. De l'inauguration un peu retardée dont une certaine presse s'apprêtait à annoncer le fiasco à la soirée de révélation du nominé du Grand Prix national des lettres, les Jacméliens intéressés défilaient entre les causeries, les conférences animées par des écrivains et des échanges avec ces derniers dans une atmosphère de convivialité intellectuelle inédite jusque-là. Ce soir, recevant son prix après l'annonce faite par le poète et écrivain Christophe Charles, Franckétienne, saluant avec honneur l'idée en Haiti d'un Salon national du livre et de la création du grand national des lettres, a développé son éloquence à travers les méandres de l'histoire, de la littérature pour que l'art d'écrire soit toujours encouragé et reconnu. Il était au cœur d'un rêve grandiose.





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