Le principal problème auquel est confrontée la population haïtienne est l’insécurité. Cette problématique est connue depuis des années.
Les corollaires de l’insécurité sont nombreux, dont des incidences très graves sur la vie des citoyens. Pour répondre à une partie de ces questions, la communauté internationale a mis sur pied la réponse humanitaire.
Les fonds requis pour couvrir les besoins pour l’aide humanitaire s'estiment à 908 millions de dollars pour 2025, une augmentation de plus de 30% comparée à 2024 où les besoins financiers s’estimaient à 672 millions de dollars. C’est l’ONU qui en a fait l’annonce en conférence de presse cette semaine.
Si ce montant peut couvrir les besoins pour l’aide humanitaire on peut se demander combien il faudrait à Haïti pour adresser la question sécuritaire qui induit la crise humanitaire ?
La réponse, hors contribution de la communauté internationale à travers la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité, se trouve dans le budget de la Police nationale d’Haïti et dans celui des Forces Armées d’Haïti principalement.
Les deux composantes principales de la réponse sécuritaire disposent de 28.6 milliards de gourdes pour la PNH et de 8.8 milliards de gourdes pour les FADH. Au taux de 131 gourdes pour un dollar, cela fait 285.4 millions de dollars.
Les chiffres ne mentent pas. Haïti investit 285.4 millions de dollars pour résoudre un problème pour lequel l’ONU cherche 908 millions de dollars. Le décalage entre les montants est conséquent.
Quand on sait que l’insécurité ne provoque pas seulement la crise humanitaire, on comprend que la réponse haïtienne, l’effort haïtien et l’investissement national sont loin d’être suffisants.
D’un autre côté, si on compare le Produit intérieur brut du pays, de près de 20 milliards de dollars, et le budget dégagé pour les forces de sécurité, on se rend compte qu’Haïti dépense à peine 1% de son PIB pour assurer son existence, que le facteur capital, dont dépend l’existence même du pays, est sous-financé, et c’est peu dire.
Les chiffres ne mentent pas. Les autorités ne mesurent pas la gravité des problèmes, refusent d’y donner l’attention et les moyens nécessaires ou, pire, croient que la sécurité du pays peut uniquement dépendre de l’assistance étrangère.
Bien entendu, l’argent, quelles que soient les sommes dépensées, ne va pas résoudre les problèmes de sécurité ni rétablir la paix si la réflexion, les plans et la volonté de les affronter n’existent pas.
Plus d’argent peut être synonyme de plus de gaspillage.
Les propos cette semaine d’un membre du Conseil Présidentiel de Transition recueillis par Robenson Geffrard sont éloquents à ce sujet :
« Sans attendre la question de Le Nouvelliste concernant un éventuel malaise de certains membres de l’exécutif avec le directeur général de la Police nationale d'Haïti, notre source au CPT tenait lui-même à souligner que « la Police nationale d’Haïti c’est un gros marché de vente de nourriture, d’achat d’armes, de munitions et d’ameublement...Il y a des gens qui se battent pour accaparer ce gros marché », a tancé le conseiller présidentiel sans vouloir citer de noms.
Selon lui, il n’y a pas un conflit entre des autorités qui aiment ou qui n’aiment pas Rameau Normil, le directeur général de la Police nationale d'Haïti. « Il s’agit d’une bataille pour le marché de la PNH fort de plusieurs millions de dollars. Rameau Normil a rendu difficile l’octroi de ces marchés », a-t-il dit, soulignant que l’octroi de ces marchés devrait se faire équitablement... »




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