Le respect ne s’octroie pas, il se mérite. Dans un monde régi par les rapports de force et d’intérêt, un pays, comme un individu, ne peut espérer être pris au sérieux s’il est constamment en position de demandeur. La dignité ne se mendie pas, elle se construit à travers l’autosuffisance et la capacité à offrir quelque chose d’unique et de précieux aux autres.
L’histoire nous montre que les nations qui imposent leur présence sur la scène internationale ne sont pas nécessairement celles qui cherchent à être aimées, mais celles qui savent se rendre indispensables. Les États-Unis, la Chine, la Russie et bien d’autres pays ont bâti leur influence non pas en demandant de l’aide, mais en affirmant leur puissance économique, scientifique, culturelle ou militaire (Mearsheimer, 2001). Haïti, si elle veut retrouver sa dignité, doit adopter une démarche similaire : elle doit créer, innover et valoriser ses richesses propres.
Haïti possède un immense potentiel. Son peuple est résilient, sa culture est riche et influente, ses ressources naturelles existent, et sa position géographique est stratégique (Dupuy, 2019). Pourquoi alors ne pas capitaliser sur ces atouts pour créer une dynamique de développement qui fera du pays un acteur incontournable dans un domaine spécifique ? Qu’il s’agisse de l’agriculture, de la biotechnologie, du tourisme durable, des énergies renouvelables ou de la production culturelle, Haïti doit cesser d’être perçue uniquement comme une nation dépendante de l’aide internationale (Fatton, 2002).
L’urgence est donc de changer de paradigme. Il ne s’agit plus d’attendre que l’on nous tende la main, mais d’agir pour être en position de force. L’éducation, l’entrepreneuriat, l’innovation et l’exploitation intelligente des ressources doivent devenir nos priorités (Collier, 2007). C’est en créant des richesses, en développant des savoir-faire uniques et en devenant un partenaire incontournable sur la scène internationale qu’Haïti pourra imposer le respect.
Le monde ne nous respectera que lorsque nous aurons quelque chose d’indispensable à lui offrir. Nos relations avec les autres nations ne seront équilibrées que lorsque nous cesserons d’être de simples bénéficiaires d’aides et deviendrons les acteurs de notre propre destinée. Haïti doit se donner les moyens de son ambition, car c’est en prenant en main son avenir qu’elle retrouvera sa dignité et son respect sur la scène internationale.
Héreu Francois, Ing.Agronome,
Étudiant à l’ISTEAH au programme de maîtrise en Sciences de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement avec spécialité “Environnement et changements climatiques”.
Références :
Collier, P. (2007). The Bottom Billion: Why the Poorest Countries are Failing and What Can Be Done About It. Oxford University Press.
Dupuy, A. (2019). Haiti: The Tumultuous History - From Pearl of the Caribbean to Broken Nation. New York University Press.
Fatton, R. (2002). Haiti's Predatory Republic: The Unending Transition to Democracy. Lynne Rienner Publishers.
Mearsheimer, J. J. (2001). The Tragedy of Great Power Politics. W.W. Norton & Company.
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