Depuis plusieurs années, les réseaux sociaux en Haïti sont devenus un espace où les jeunes s'expriment librement, partagent leurs expériences et s'informent. Toutefois, une tendance inquiétante s'est installée à côté de l'absence de régulations: la glorification de contenus prônant des comportements destructeurs. Des vidéos mettant en avant la violence des gangs, d'autres où des jeunes filles se dénudent publiquement, comme le tristement célèbre challenge «Deran vin bay», et une obsession pour des sujets qui ne contribuent en rien à l'élévation intellectuelle ou morale du pays, pullulent sur les plateformes numériques.
On pourrait dire que cette situation est, en grande partie, due à l'absence de régulations et de contrôles de l’État haïtien sur l’espace numérique. En Haïti, contrairement à beaucoup d’autres pays où les réseaux sont en vogue et qui voient la nécessité de régulariser leur fonctionnement, il n’existe pratiquement aucune politique publique visant à encadrer l’utilisation des réseaux sociaux et à protéger les jeunes et les enfants contre les contenus nocifs. Laisser un tel vide, c’est déjà permettre à n’importe qui de diffuser n’importe quoi, sans aucune conséquence. Pendant que d’autres nations instaurent des lois pour responsabiliser les créateurs de contenu et réguler les plateformes, Haïti semble être livré à l’anarchie numérique, où la désinformation, l’obscénité et la violence deviennent la norme.
Par ailleurs, le manque d’éducation technologique aggrave cette crise. La plupart des jeunes utilisent les réseaux sociaux sans réellement comprendre leur potentiel ni leurs dangers. En lieu et place de voir ces outils comme des moyens d’apprentissage, de création et d’entrepreneuriat, beaucoup les considèrent uniquement comme des espaces de divertissement extrême, où la vulgarité, la diffamation et la provocation rapportent plus d’audience que l’intelligence et la créativité qui cachent derrière les contenus moraux. Cette ignorance technologique est un frein majeur au développement du pays à presque tous les points de vue, car elle empêche une utilisation productive du numérique pour générer des opportunités économiques, éducatives, scientifiques, etc.





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