Les vraies révolutions sont lentes et elles ne sont
jamais sanglantes. Le sang, c’est toujours pour
payer la hâte de quelques hommes presses de jouer

Les vraies révolutions sont lentes et elles ne sont
jamais sanglantes. Le sang, c’est toujours pour
payer la hâte de quelques hommes presses de jouer
leur petit rôle.
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Jean Anouilh, auteur Français, 1910-1977
Quand la décomposition et les contradictions sociales ont déjà atteint le paroxysme et que la réforme n’est pas au bout du chemin, c’est que l’élite progressiste n’est toujours pas arrivée à prendre conscience de ses responsabilités en tant que vecteurs de renouveau. C’est qu’il y a, à ce moment-là aussi, un problème d’hommes et une crise de la pensée critique. On est, dans ce contexte, dans une situation où l’anarchie devient inéluctable. A ce stade, il n’est plus possible de faire du neuf avec du vieux. La nation (ce qu’il en reste), dans la façon dont elle fonctionne n’ayant plus les moyens d’assurer sa survie et une partie importante des élites est devenue même, par ce fait, un obstacle au développement et à la paix sociale. Il faut, tout simplement, admettre alors que la révolution est une nécessité et de profiter de l’anarchie pour purger la société de son mal être.
Aucun changement radical ne survient dans un pays sans une rupture avec le passé et sans la remise en question des pratiques de l’élite qui devrait créer les conditions essentielles du changement. Il est tout aussi nécessaire de comprendre le peuple, c’est-à-dire : ses fantasmes, ses besoins, ses rêves, ses insuffisances et ses illusions de manière, dans un premier temps de l’offrir l’espoir, de l’inciter aux sacrifices et au dépassement. Il lui faut donner l’impression que celui qui porte ses revendications légitimes, représente aussi l’idéal de ses aspirations et le chemin de la victoire. En ce sens, l’autorité qui assume les destinés du peuple, doit venir avec ses mystères, sa grandeur et la magie des mots qui enflamment le cœur et éveillent les sentiments. Créer l’amour et la crainte. L’apparat et l’illusion. Exciter les fantasmes. Et surtout placer le leadership au-dessus de l’homme comme s’il symbolise l’idéal de l’être, une sorte de messie qui engendre l’espoir et l’euphorie, celle qui appelle aux sacrifices de soit sans poser de questions.
L’énigme est parfois nécessaire au changement et à la mobilisation des masses. Trop comprendre Dieu et le fonctionnement de l’univers tuent la foi et le mystère du sacerdoce. Le questionnement des morales acquises dans une société de discriminations, fait naitre un savoir et efface le doute sur les croyances. Trop de liberté tue la liberté et engendre l’anarchie. Le pouvoir ne doit pas être toujours explicable et tout ne devrait jamais être expliqué dans la clarté comme si le peuple n’avait besoin que de la simplicité, mais pas de tout comprendre. Le mythe aide le peuple à vivre et à espérer. Tuer le mythe c’est tuer l’illusion qui nourrit le peuple, comme démystifier la religion c’est conduire le commun des mortels à sa perte. Le peuple a besoin de mystère ; de la peur et de la croyance en l’éternité bien heureuse. Même la rétribution de l’enfer est une nécessité révolutionnaire.
Que les juifs aient créé Dieu ou que Dieu ait effectivement crée toute chose revient au même. Il existe de toute façon et c’est une nécessité. La société a besoin de Dieu. Il peut simplifier les choses si on sait comment l’utiliser au moment des grands bouleversements. La révolution qui crée l’athéisme dans une société ou les croyances ont participé au façonnement de l’homme, engendre, dès le départ, sa propre opposition. Les croyances peuvent tout aussi participer à orienter la révolution et à satisfaire les rêves du peuple. On ne peut pas vouloir le bonheur d’une nation en le séparant de ses croyances, de ses faiblesses et de ses fantasmes. Il faut que tout ceci rentre dans la dynamique révolutionnaire pour que les petites gens croient que leurs aspirations sont celles qui guident les intellectuels et les leaders qui disent vouloir leur bonheur. Pour en arriver au point de faire cette similitude, il faut comprendre la vie du peuple : ses misères, ses désillusions, sa peur, ses désirs de vengeance et sa recherche du bonheur. Et surtout, sa définition du bonheur collectif et individuel. Il faut apprendre à parler son langage, dire ses mots, fredonner sa chanson, admirer ses dieux, verser ses larmes et chasser ses mauvais démons. Être son aspiration tout en étant au-dessus de lui pour ne pas tuer le mystère du chef qu’il vénère à travers son discours, ses actes, sa clairvoyance et surtout son honnêteté. Le peuple ne demande jamais à un leader d’être comme lui, de vivre sa misère, mais d’être l’idéal de ses aspirations. On ne vénère pas ce qui représente le commun des mortels ni celui que l’on peut rencontrer à la croisée des chemins. C’est le mystère et la peur qui sont le fondement de la foi et de la toute-puissance de Dieu. Si tout cela disparait, c’est Dieu qui s’en affectera et cela amènera tout aussi la déchéance de la foi, la chute de la société, la dégénérescence des mœurs et la désorientation du peuple.
Dans les sociétés croyantes, démystifier Dieu est contre-révolutionnaire. Mais, en revanche, sacraliser les prêtres dans le cadre de la dynamique du changement peut s’inscrire dans le processus de rénovation sociale. Dieu n’est pas le problème mais ses ministres. Il faut savoir jusqu’où il est possible de changer quand les libertés, l’information, le savoir et la communication sont arrivés à un stade aussi développé. Il ne peut être plus question de nihilisme d’une classe, d’une croyance et de certaines libertés individuelles donnant, par ce fait, à une nomenclatura la vertu de décider de niveler la société. La nature n’a rien fait d’égale et l’égalité sociale n’est qu’un idéal. C’est une illusion. Le principal problème demeure dans l’existence de classes dominantes et d’opprimées. La recherche de l’équilibre est nécessaire dans une société en transition. Il faut qu’il existe toujours cette fiction que la liberté individuelle est collective et qu’il n’y a pas un seul citoyen qui en dispose ou en jouisse plus qu’un autre. La justice, l’éducation, les loisirs, la santé, le logement, l’accès à des superflus doivent être à la portée de tous et que seule la richesse et la hiérarchie dans l’accès au luxe sont conditionnées aux entreprises et sacrifices individuels. Le leader doit s’assurer que les efforts individuels paient et sont à la portée de tous. En ce sens, l’Etat n’est pas providentiel puisqu’il n’est pas nécessairement le gestionnaire des biens qu’il distribue selon les besoins. Il assure plutôt l’équilibre en garantissant non seulement l’égalité des chances mais encourage et encadre aussi les entreprises individuelles. La réussite personnelle au sein de la classe populaire devient, à ce moment, providentielle pour l’Etat. S’il ne contrôle pas les moyens de production, mais avec la superstructure, il les supervise pour maintenir l’équilibre et empêche une trop grande disparité sociale.
Aucune société ne doit accepter l’existence d’une super classe avec une minorité si riche et si puissante au point qu’elle arrive à dicter les règles politiques et le choix des dirigeants. De même qu’il ne devrait pas exister une majorité si pauvre qui, de manière consciente ou inconsciente, accepte les règles dictées par la super classe. Dans les deux cas, La réforme quand il est possible, la révolution quand les contradictions arrivent au point de frictions, est nécessaire. Il est inconcevable qu’un homme soit devenu si riche qu’il puisse acheter un gouvernement et décider du sort de millions d’autres. C’est un danger pour n’importe quel Etat. Et cela peut le devenir aussi pour l’humanité. C’est pourquoi un Etat fort, capable de porter des gants de velours dans sa poigne de fer, sera toujours nécessaire. L’argent et le pouvoir ne font jamais bon ménage. Les sociétés à velléité égalitariste et le pouvoir des riches ne sont pas compatibles. Le leader révolutionnaire doit toujours prendre ses distances avec les riches tout en les garantissant la liberté d’entreprise et celle de jouir du fruit de leur travail. Il faut qu’il leur donne la possibilité de servir de leurs richesses pour affirmer leur appartenance à une société de manière globale, à un pays, à une patrie avec laquelle ils sont solidaires. Il faut les contraindre à devenir humains dans la mesure où la fortune, assez souvent, fait disparaitre la sensibilité, augmente l’ego, la perception d’appartenir à un même monde à velléité égalitaire et la solidarité avec les moins nantis et les moins favorisés par le destin.
La réforme comme la révolution est une remise en question des pratiques politiques, économiques, culturelles et sociales. La différence entre les deux tient des limites qu’on se donne, de la pensée politique qui anime le leadership et des moyens de mise en œuvre. Dans les deux cas, tout commence par le diagnostic, de la nécessité de remettre en question l’élite, la stratifier pour en séparer les bonnes des mauvaises graines. De toute façon, elle est toujours responsable et coupable quand cela va mal. Il faut avoir le courage de faire la différence entre ceux qui sont récupérables, ceux qui peuvent être reformés et les irrécupérables. Il n’est pas possible de sauver tout le monde, même avec toute la bonne volonté imaginable. D’ailleurs, aller dans ce sens-là, est une erreur capitale. Il faut, cependant, partir de l’hypothèse qu’au 21ème siècle, l’élimination physique, les traitements inhumains et dégradants et le non-respect des droits élémentaires de la personne humaine sont les ennemis de la révolution même avec la velléité de reformer une élite faillie dans un pays comme Haïti. La révolution ne doit pas faire de crimes puisqu’elle endosse aussi les vertus spirituelles de la société : la foi en Dieu, le syncrétisme religieux, la non-violence bouddhiste, la tolérance du vodouisant, le respect des droits de l’homme, etc.
Il ne faut pas être aussi naïf en pensant que la réforme encore moins la révolution est un attribut qui rencontre toujours l’adhésion de tous. La résistance aux progrès et à l’égalité restera toujours un affidé dans les pays où l’appât du gain, l’inégalité outrancière, la corruption, la prévarication et le fanatisme infecte une partie de la société et même de la religion. La discrimination liée principalement aux conditions sociales comme la xénophobie cache l’inhumanité des élites utilisant les superstructures de l’Etat pour asservir et dominer les moins nantis. Il en est de même que l’ignorance et le fanatisme sont des apparats qui dissimulent la peur et la faiblesse. L’exemple des Etats Unis durant la pandémie de Covi-19 en est la preuve. C’est pourquoi il est absolument crucial que les ministres de Dieu qui servent de la religion pour s’opposer aux changements, doivent être reformés. Le Christ ne s’était pas opposé à l’Etat et aux non-croyants, sachant que l’ordre social, l’organisation de la cité, la justice, les libertés individuelles, la tolérance, la répartition équitable des richesses sont aussi des véhicules du message biblique.
La révolution n’efface jamais les contradictions sociales et la trop grande liberté de pensée et d’expression engendrent aussi le refus de l’égalité et de l’ordre. Certains croiraient toujours qu’une partie de la société devrait suivre ses règles, satisfaire à ses besoins et se soumettre à son dictat. Quand cela arrive, si la loi, la justice et la conscience religieuse n’arrivent pas à apaiser les récalcitrants, la répression est devenue nécessaire et utile. Il faut qu’elle soit appropriée, juste et proportionnée. C’est pourquoi, dans certaines sociétés, la peine de mort est légale ou que la détention à temps ou à perpétuité dans des camps de redressement et de rééducation sont nécessaires. Si on arrive à faire en sorte que le peuple, lui-même, réclame les châtiments ou qu’un jury populaire décide de la culpabilité, le pouvoir politique s’en retrouvera renforcer. Cependant, pour en arriver là, il faut éviter de créer une nomenclatura judiciaire qui règle des acomptes politiques juste pour éliminer les gênants ou que les disparités entre ceux qui assurent le leadership et le peuple sont si énormes que ce dernier ne devienne jaloux ou avoir la conviction que la corruption est la cause d’une justice expéditive et non fondée sur des faits réels.
Un gouvernement ne doit jamais vivre dans l’opulence quand le peuple vit dans la crasse. Les voitures de luxe, les hôtels pompeux, les habits bling-bling et les trains de vie fastueux sont interdits dans un processus de changement. Cela ne signifie nullement que le leader doit se verser dans la démagogie populiste et dans l’humilité absolue qui peuvent provoquer l’indifférence du peuple. Il faut que le train de vie du gouvernement soit vu comme la juste mesure de l’utilisation des contributions des citoyens à la révolution.
Corruption, justice et réparation des dommages économiques
Il faut maintenant poser le problème de la corruption, de la justice et de la punition des coupables dans le cadre d’un gouvernement révolutionnaire à aspiration démocratique. Aucun des responsables qui auraient détourné les deniers publics ne devrait échapper à la justice. Pour que cela se passe dans un cadre transparent pour ne pas laisser la désinformation déstabilisée le processus judiciaire, une évaluation de l’ensemble des comptables de deniers publics y compris des présidents devraient être réalisée et les rapports rendus publics. Cela inclurait également, la Banque Centrale et le système bancaire en général, les douanes, la Direction Générale des Impôts, la BMPAD, l’ensemble des organes des pouvoirs publics etc. Le processus mettrait à contribution : l’ULCC, l’UCREF, le service fiscal de la DGI, et du Ministère des Finances, la DCPJ, le Cour des Comptes, sous la direction d’un procureur spécial encadré par des juges d’instruction. Un grand nombre de jeunes de différentes formations liées aux finances, à la fiscalité et à l’économie seront engagés dans les enquêtes. Le but est de rendre le processus public, transparent et la circulation des informations fluides.
Un processus de ce genre, pour être crédible, doit fonctionner comme un jury populaire. L’ensemble de la population serait mis à contribution dans le cadre des dénonciations et la recherche d’un consensus sur les peines à appliquer. Il ne faut pas que cela tourne aux dénonciations calomnieuses, au pugilat ou règlements de compte. Même devant l’accusation, tout citoyen concerné devrait se sentir protégé tenant compte que ses droits seront respectés par le gouvernement révolutionnaire.
L’objectif n’est pas nécessairement d’aboutir à de grands procès comme cela se ferait pour les crimes de sangs, les massacres, les viols ou les gangs organisés. Ce que l’on chercherait avant tout, c’est la récupération des fonds volés ou détournés et de rendre le coupable, pas la suite, utile à la société. La prison ne serait jamais l’ultime recours quand le coupable est repenti et accepte les conséquences de ses actes. Il ne devrait avoir, non plus, de goulag et de vengeance politique, de classe ou de couleur. On ne peut pas, dans le cadre de la répression de la corruption et le détournement de fonds publics, régler le problème de la concentration des richesses nationales entre les mains d’une bourgeoisie de couleur en complicité avec une classe politique opportuniste. Ceux qui dénoncent cette situation ne cherchent qu’à en profiter ou organiser un chantage sur les possédants.
A part la mise en application des normes anticorruptions et la fonctionnalité des institutions nationales comme l’UCREF, l’ULCC, la brigade anti-corruption de la DCPJ, la police douanière, la Cour des Comptes, il faut nécessairement que le gouvernement révolutionnaire arrive à la création de manière spécifique, sous le contrôle du Procureur Général de la République, du Tribunal Pénal National chargée spécifiquement de la problématique. Etant donné que cela se passe dans un contexte spécifique de renversement d’une superstructure corrompue, le Ministère de la Justice doit nécessairement élaborer les codes de conduite permettant aux fonctionnaires de police et de justice de ne pas s’égarer dans des procédures fastueuses et dilatoires.
Toute personne formellement identifiée au cours d’une enquête rapide et studieuse, serait mise en détention préventive administrative à ses frais sans possibilité d’exercer de recours en habeas corpus. Le gouvernement révolutionnaire lui reconnaitrait le droit à un traitement juste et équitable, à des soins de santé et à l’accès uniquement à des livres comme loisir. La torture ou tout traitement inhumain ou dégradant serait prohibé. Durant la période de la détention administrative, le prévenu serait privé de téléphone, de télévision ou d’accès à tout type d’appareil technologique. Aucune visite privée ne serait admise. Il participerait, néanmoins, à des services religieux et pourrait bénéficier de la confidentialité d’un confesseur. Des séances obligatoires d’éducation civique y compris la formation sur les dispositions de gestion administrative et de la lutte contre la corruption, seraient organisées à son intention juste pour l’instruire de ses fautes et des abus causes à la nation. Une partie de la journée serait dans des activités agricoles selon son âge.
Le jour même de la détention, le dossier serait remis au prévenu avec un acte d’accusation. Il pourrait bénéficier, à ses frais, de conseils de la personne de son choix. Aucune procédure judiciaire ne pourrait être engagée par ce dernier. Le Procureur Général lui remettrait la proposition du gouvernement suivant :
Le niveau d’application de ces conditions serait fait dépendant du niveau de responsabilité du prévenu dans les actes de corruption, des sommes concernées et de l’autorité dont il disposait comme gestionnaire de biens publics, corrupteur ou complice.
Le prévenu qui ne collabore pas et qui souhaite avoir un procès devrait être séparé des autres. S’il est reconnu coupable, il serait condamné au maximum de la sentence sans possibilité de remise de peine. Tout procès pour corruption et détournement de fond dans le cadre de la révolution serait présidé par un juge formé à cet effet et assisté d’un jury anonyme. Les faits seront les seuls vrais juges de la décision. Les questions de procédures ne seraient que formelles. Il n’aurait pas d’exceptions de droit, de constitutionnalité ou d’interprétation de l’esprit du législateur en cas de silence de la loi. Le prévenu serait également condamné à la restitution complète et aux dommages et intérêts au profit de la société. Durant sa période de détention, il serait employé au prorata de 3/10 du salaire minimum aux travaux communautaires en uniforme de prisonnier et dans les travaux d’intérêt général dont l’assainissement, l’embellissement, les travaux publics et le reboisement des communes.
Un Etat révolutionnaire s’inscrivant dans une perspective démocratique, devrait nécessairement avoir parmi ses objectifs aussi de réhabiliter les responsables de la déchéance nationale et de leur donner la chance de prouver qu’ils pouvaient faire mieux dans un contexte diffèrent. Il faudrait donner à ces derniers la chance de se racheter. D’ailleurs, on ne pourra pas organiser de pogrom anti-corruption tant le mal est endémique. C’est un pays tellement gangréné par un mal si profond qu’il serait nécessaire de passer presque l’ensemble des élites de la société dans une moulle pour leur reformater leur conception de l’Etat et sa différence avec la gestion des biens privés. Dans ce pays, la corruption suit les schémas de classes et de strates. C’est pourquoi, au lieu de réprimer durement dans la violence, qu’il faut tenter la réhabilitation par la rééducation et l’exemplarité. Car, la nouvelle Haïti dépendra d’abord de l’éducation. Des années de traumatismes politiques ont forgé chez le citoyen haïtien une mentalité défaitisme, de crédulité et d’incroyance en l’homme.
L’ouverture constructive vers la diaspora
Cette nouvelle Haïti ne sera pas forgé uniquement avec les moyens disponibles dans le pays. Il va falloir piocher dans les ressources externes de générations d’immigrants ou de fils d’immigrants qui gardent un attachement patriotique avec l’alma mater. Pour en arriver à leur faire revenir, le pouvoir politique doit pouvoir leur offrir des garanties d’accueil, de liberté et de sécurité qu’ils n’avaient pas au paravent.
L’émigration est d’abord à la base de la déchéance d’Haïti même s’il faut reconnaitre qu’une mauvaise politique menée par une élite répugnante et raciste avait précipité le départ ou la fuite. De 1958 à nos jours, les Etats Unis et le Canada ont saigné à blanc les ressources humaines du pays en s’appropriant, à moindre frais, en commençant par les personnes les mieux formées, celles qui donnaient le ton à la société en générale et qui devaient participer au renouvèlement des cadres du pays. La consolidation du pouvoir Duvalier passait par l’élimination de toute résistance intellectuelle, de toute contestation, de toute opposition et du concept même de liberté individuelle, donc du progrès social. Le savoir non contrôlé était devenu un danger mortel pour ce pouvoir rétrograde. Dans ce contexte, les Duvaliers ont commis un génocide non seulement avec la répression politique, mais aussi en forçant une partie de l’élite intellectuelle et patriote, en particulier, à s’émigrer. Pour le reste, les mulâtres, les Syriens, l’oligarchie noire opportuniste et autres descendants blancs, ils se sont accommodés pour survivre parfois en s’acoquinant avec la dictature. Dans ce contexte de sauve-qui-peut, même une partie de l’élite paysanne en est victime par une double immigration : celle en direction des villes, puis vers la République Dominicaine, vers la Caraïbes et Florida via le boat-people. Plus tard vers l’Amérique-Latine. Donc, aujourd’hui, ce sont les fils des paysans, victimes de la discrimination sociale, de l’ignorance et autrefois de l’isolement qui prennent, dans une certaine mesure, la place des élites traditionnelles des provinces et de Port-au-Prince. Il en résulte une cassure dans les traditions et les attitudes de grandeur qui faisaient la fierté de ce pays, même s’il y avait beaucoup de tares à corriger. Car l’élite traditionnelle haïtienne avait maintenu le reste du pays dans un apartheid colonial.
Même si l’accaparement des terres par l’occupant américain de 1915 à 1934 avaient généré une émigration de masses vers les plantations de canne à sucre de Cuba et de la République Dominicaine, l’impact sur le corps social est moins significatif en comparaison à la purge provoquée par les Duvaliers et de ce qui est advenu après 1986.
Pour redonner à ce pays les couleurs d’antan, il faut une politique révolutionnaire en trois étapes :
Dans ce contexte, la révolution devrait obtenir comme finalité la recomposition de l’élite avec un regard sur certaines notions et concepts qui faisaient la grandeur de cette nation en extirpant dans les mentalités les discriminations professées contre les masses paysannes, les complexes de couleurs et d’origine et le déterminisme de la richesse qui définit l’homme.
L’haïtien est une personne de couleur noir quel que soit ses origines ethniques. C’est la définition que lui avait donné l’Empereur Dessalines dans la constitution de 1805 et qui doit rester comme étant la seule qui convient à un peuple qui a, justement, forgé son destin et son identité dans le socle de l’égalité de l’être humain. Cela s’accorde bien, d’ailleurs, aux études anthropologiques qui ne reconnaissent qu’une seule race humaine. L’éducation globale de le haïtien devrait progressivement inclure ces concepts et les théories développées par Louis Joseph Janvier dans son livre sur l’Égalité des races humaines.
D’une manière générale, les programmes de l’éducation formelle doit revenir avec les bases du programme de 1984, mais agrémenter avec les pédagogies liées aux nouvelles technologies. L’élève comme l’étudiant doit être obligatoire élevé et éduqué dans la discipline familiale traditionnelle haïtienne. Il doit être embrigadé dans la discipline sociale liée au scoutisme, aux jeunesses catholiques ou protestants ou dans tous ordres et organisations sociales qui initient la discipline, la tolérance, le respect de soi et des valeurs haïtiennes, la compréhension de celles des autres aussi, de l’environnement et du droit de la personne humaine. Les connaissances enseignées doivent être sélectives et orientées vers un patriotisme ouvert au monde mais fondamentalement haïtien. En ce sens, le pédagogue ne doit pas copier les modèles étrangers, mais plutôt innover en s’éloignant de certains clichés du spécimen occidental moderne qui, de toute façon, rentre en décadence. Dans les premières années, mise à part de l’embrigadement obligatoire et associative, la discipline doit être presque militaire. Quiconque veut diriger dans le futur, doit apprendre à obéir et exécuter des ordres. Seulement, le centre de commandement d’où viennent les ordres doit détenir un savoir et une rectitude ne prêtant pas à équivoque. D’où l’utilité de Dieu et de ses ministres, faisant corps à des principes révolutionnaires dont l’objectif est de façonner un homme (une femme aussi) haïtien nouveau. C’est, d’ailleurs, le fondement même de la foi, de la conversion et de l’apostolat. La révolution doit devenir une mission divine excluant toute discrimination de religion, d’origine nationale, de sexe et de couleurs. D’où la nécessité de mettre fin à cette diversité d’écoles (écoles nationales, presbytérales ou ecclésiastiques, protestantes etc..) pour créer une école unique formatée sur desideratas de la République.
L’éducation sociale serait, en fait, une partie de l’éducation classique. C’est le moyen le plus efficace de créer une nation solidaire. Tout le monde ferait le service militaire ou social de trois ans. Tout le monde sera membre obligatoirement d’un groupe organisé, d’un comité de quartier ou d’une structure quelconque de la société civile. Le volontariat devient, à ce moment, obligatoire et la solidarité comme la générosité agissante parmi des comportements récompensables et sources de notoriété.
L’aménagement du territoire serait également un des grands axes de développement, fondamentalement lié à la réforme des collectivités territoriales et l’éducation sociale. Avant même que les premiers contingents des conscrits en services obligatoires finissent leurs formations préliminaires de soldat, le gouvernement organiserait une conférence nationale afin d’aboutir à un livre vert sur le réaménagement du territoire. Cela comprendrait :
Il va de soi que la formation politique est l’aboutissement de la pédagogie sociale. En ce sens, la politique ou la conscience politique serait forgée sur les bases d’une éducation formelle solide et d’un comportement social s’inspirant de l’histoire nationale. Le sacerdoce politique, le volontariat dans les partis politiques, les associations, les organisations religieuses et dans les institutions publiques seraient, nécessairement la porte d’accès aux postes administratifs et électifs. Le vote serait obligatoire. L’élu serait celui ayant fait ses services militaires, membre d’un parti politique et qui a fait du volontariat. Il serait celui, aussi, tous les ans qui animerait les camps d’été des jeunes et qui transmettrait son expérience et sa réussite à ceux qui prendront sa place dans le futur.
Base fondamentale de la transition
Le changement ne s’improvise pas. Il ne peut pas se faire sans l’ordre républicain. Et seul une élite peut apporter les idées amenant au changement et reformer les institutions responsables du maintien de l’ordre, imposer de la discipline et créer les conditions conduisant à la prospérité. Pour cela, cette élite consciente de son rôle sociale et nationale doit se purifier d’abord et débarrasser la société, ensuite, de ses pires cancers : la corruption, l’instabilité, le gangstérisme, le crime et l’indifférence. La politique éducative de socialisation devrait être les prémices de la prévention contre ses fléaux. C’est la militarisation des programmes de sécurité, d’éducation et de solidarité sociale qui devraient permettre d’en arriver à cette purification et cette prospérité. La résolution du problème Haïtien, dans l’immédiat, est donc stratégique. Cette stratégie serait, à la fois, politique, sociale, policière, judiciaire et militaire.
L’ancien bandit serait interdit de service militaire. Cela signifie qu’il ne pourrait jamais remplir certaines fonctions. Le port d’arme lui serait interdit. Il pourrait faire partie, néanmoins, d’une association de la société civile et participer au service civique. S’il était coupable de viol lorsqu’il était membre d’un gang ou si son gang aurait été responsable de pareils pratiques, il devrait être assigné à la surveillance des services sociaux jusqu’à une période déterminée par la justice dépendant de la gravité des faits et de son niveau d’implication personnelle.
Le gouvernement qui réaliserait ce genre de programme devrait être nécessairement révolutionnaire et les citoyens devraient être contraints à jouer leurs partitions. La manière de son arrivée au pouvoir ne devrait souffrir que d’une seule contrainte celle des violations systématiques et répétées des droits de l’homme. Il ne devrait jamais remettre en question la constitution, annihiler les institutions, les lois et les libertés individuelles même si des contrôles systématiques seraient mis sur l’exercice de ces libertés pendant la période révolutionnaire et de consolidation des acquis.
Même si l’armée devrait être la base du pouvoir et de la révolution, le gouvernement ne saurait jamais être militaire. Les rapports entre l’armée américaine et plus particulièrement Israélienne avec le monde politique et la société sont des exemples à perfectionner. De toute façon, si l’organisation gouvernementale ne serait pas totalement bouleversée durant la révolution, il ne serait, néanmoins, pas de même pour les partis politiques et les organisations citoyennes. L’avenir même de la révolution dépendrait d’eux. Les citoyens devaient être préparés à assumer le pouvoir démocratique, c’est-à-dire être mieux éduquée et plus conscient de l’enjeu de leur engagement patriotique. C’est cette participation citoyenne qui devrait être renforcée avec la décentralisation politique et la déconcentration des services. L’organisation ministérielle devrait être divisée de moitié pour laisser place à des agences gouvernementales siégeant dans des centres administratifs régionaux. Le personnel des organes indépendantes et autonomes devraient subir également cette subdivision afin que des compétences soient éparpillées dans les villes de province et les services plus proches des citoyens.
Le gouvernement révolutionnaire devrait réorganiser des organes de l’Etat avec la mise en place d’une administration intérimaire intimement liée aux collectivités territoriales. Il va de soi que les maires qui seraient l’épine dorsale de cette politique, devraient faire leur service militaire et profiteraient d’une solide formation en civisme, en droits de la personne, en droit administratif, droit constitutionnel et droit politique. Il ne s’agirait pas uniquement de cette formation universitaire, littérale et très didactique. Mais de quelque chose, au début qui serait directe, pratique et ciblée sur les besoins du moment. La formation continue suivrait avec les facilités de spécialisation dans les instances universitaires. La politique ne serait plus improvisée et les responsables politiques des opportunistes sortis de nulle part. Dans tous les aspects de la vie politiques, des normes et des limites devraient être établies. Une parité homme/femme devrait être établie et même une discrimination positive mise en place en ce sens.
La fin de la transition du gouvernement révolutionnaire
Quatre ans après la pacification du pays, le gouvernement révolutionnaire devrait être en mesure d’organiser la transition. A ce moment-là, les partis politiques seraient déjà réorganisés et les organisations de la société civile suffisamment fortes pour appuyer la nouvelle phase. Les règles du jeu de cette transition seront établies et connues de tous. Elle devrait être organisée de la manière suivante :
Au terme du mandat de deux ans, le Conseil Electoral provisoire organiserait de nouvelles élections pour un autre mandat de deux ans. Outre la poursuite des réformes, le parlement voterait les amendements constitutionnels, de nouvelles normes de fonctionnement du bicaméralisme, sur le fonctionnement de la Présidence et de l’Office du Premier Ministre et toutes lois relatives aux collectivités territoriales, de la répartition de cartographie judiciaire et départementale, la réforme des institutions autonomes, les lois cadres du conseil constitutionnel, du conseil de conciliation et celle du conseil électoral permanent, entre autres.
Aussitôt le mandat de deux ans accomplis, le gouvernement met en place une transition politique avec :
Les trois pouvoirs ne devraient avoir aucun rôle dans l’organisation des élections. Tout au plus, l’Office de la Protection du Citoyen et le bureau du Procureur de la République devraient surveiller la conformité des activités des scrutins avec la loi et exercer les poursuites judiciaires nécessaires, dans les juridictions appropriées en coordination avec le Conseil Electoral.
Les observateurs électoraux haïtiens joueraient un rôle de premier plan dans la surveillance de la conformité des scrutins. Les étrangers ne seraient acceptés que observateurs et seulement avec le leadership des organisations de la société civile haïtienne. Aucun rapport ne pourrait être rendu public avant la publication des résultats préliminaires deux heures après la fermeture des urnes à travers le pays. Le Conseil Electoral établira les normes pour tout le processus.
Le Conseil Electoral établirait aussi un calendrier permanent des élections du second degré. Comme la société civile, il superviserait les élections primaires des partis politiques et de toute institution privée ou publique (ordre des avocats, CSPJ, ordre des médecins, des ingénieurs, chambres de commerce, etc.) qui aurait des interactions avec l’Etat. Les structures internes du Conseil devrait lui permettre de fonctionner comme un Tribunal Electoral Suprême, sorte de juridiction parallèle formelle au même titre que les juridictions civil et administratif.
Relations Internationales
Quand le gouvernement aurait les moyens militaires de contrôler le pays et de rétablir la paix publique, il demanderait que tous les pays amis y compris le Vatican, l’ONU et l’OEA changent les diplomates et les principaux responsables des programmes de coopérations économiques, commerciales et politiques. Les pratiques habituelles de relations internationales basées sur une approche héritée de la fin de l’occupation américaine sera remplacée par une collaboration plus constructive et linéaire. Un manuel diplomatique serait adopté qui servirait de guide pour les nouveaux représentants des pays amis, tout le gouvernement, les partis politiques et associations de la société civile. Un nouveau concordat serait signé avec le Vatican et avec l’aide de Religions pour la Paix, serait adopté un protocole de service incluant un nouveau fonctionnement des cultes, des organisations caritatives et de l’ensemble des programmes mis en place par les cultes reformés. Le Ministère des Haïtiens Vivants à l’étranger ferait place à une Agence Gouvernementale dépendant du Ministère des Affaires Etrangères et dont les bureaux seraient installés dans une ville de province. La direction des cultes serait également déplacée en province et Religions pour la Paix devrait en assurerait la plus grande part de gestion. Cependant, le nonce apostolique aurait toujours sa vocation de diplomate et ses rapports avec le gouvernement seraient gérés avec le Ministre des Affaires Etrangères directement.
La réciprocité diplomatique serait le guide de la politique étrangère. Une plus nouvelle ouverture serait faite vers la Chine, la Russe, l’Union Européenne, Cuba et les grands axes économiques. Mais, les relations privilégiées seraient maintenues principalement avec les Etats Unis, la République Dominicaine, le Canada, la France et l’Union Européenne. Un nouvel axe de coopérations privilégiées seraient ouvertes également avec le Chili, le Brésil, le Venezuela et la CARICOM.
Durant les deux premières années de la révolution, le gouvernement changerait progressivement la totalité du personnel affecté dans les ambassades et au Ministère des Affaires Etrangères. Avec l’INAGHEI, l’IERAH et la Faculté des Sciences Humaines, une nouvelle génération de diplomates serait formée avec des objectifs économiques, politiques et culturels très clairs. En ce sens, le gouvernement définira un manuel de référence en matière de politique internationale qui, à la longue, se situait comme étant une coutume au même titre que le manuel destiné aux diplomates et aux responsables politiques et associatifs haïtiens. Le service des renseignements et de la protection du territoire et le Ministère de l’Economie et des Finances seraient également les principaux véhicules dans la formation et le contrôle des nouveaux diplomates. Aucun personnel diplomatique ne serait nommé sans avoir eu une formation militaire ou sans la connaissance de la langue et des coutumes du pays de mission. Tous les nommés seraient l’objet d’un screening et disposant d’un ordre de mission spécifique. Les intérêts économiques, politiques et la protection des Haïtiens ou de personnes de souches haïtiennes vivant ou de passage à l’étranger serait la principale priorité. En ce sens, des protocoles de service seraient adoptés pour chaque cas y compris pour les questions culturelles.
Si durant les deux premières années le nombre de personnes en mission serait réduit de plus de 50%, après la formation et l’adoption des protocoles diplomatiques, le nombre augmenterait drastiquement en fonction des pays et des intérêts visés. La connaissance des minorités noires dans les pays amis ferait l’objet de considérations spécifiques, de même que les programmes culturels visant à faire l’apologie de la culture haïtienne et le rapprochement avec les peuples noirs de partout. L’objectif est de faire en sorte qu’Haïti devienne un lieu de référence pour les peuples, de curiosités touristiques, politiques, intellectuelles et culturelles.
Durant les années de la révolution et de la transition, Haïti adopterait une totale neutralité politique au niveau international. Néanmoins, il y aurait un engagement plus prononcé aux niveaux des institutions internationales comme l’UNESCO, l’OMS, entre autres et les organisations s’occupant du changement climatique et des droits de la personne. En matière de lutte contre le trafic de la drogue, le trafic des armes, d’êtres humains et le terrorisme, un partenariat spécifique serait maintenu avec les Etats Unis, la Colombie, la Jamaïque, le Venezuela, la République Dominicaine, le Canada, la France et l’Union Européenne, entre autres.
Au niveau national, les interventions des diplomates seraient conscrites dans les strictes limites des règles de convenance, de réciprocité, du respect de la souveraineté des Etats et de la non-intervention. Une nouvelle approche serait adoptée dans le cadre du fonctionnement et de la coopération économique avec les ONG. La presque totalité des sous-contractants des programmes de financement, serait remplacée par une coopération directe sous contrôle du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Externe et de celui de l’Intérieur, de l’aménagement du territoire et des collectivités territoriales, à l’exception de l’appui technique et financier des organisations de la société civile (non inclus les partis politiques) qui serait gérée par l’OPC. En ce qui concerne la coopération militaire, policière et au niveau du renseignement dont les enjeux relèvent de la sécurité nationale, le gouvernement établirait un code de conduite directement supervisé par le Premier Ministre.
Etant donné que les lois haïtiennes et les conventions signées avec d’autres nations interdisent l’extradition de nationaux et que, pour des raisons d’ordre juridique des extraditions d’étrangers pourraient être refusées par la justice, le gouvernement devrait permettre à la justice des autres pays d’avoir accès au Tribunal Pénal National en ce qui a trait aux haïtiens qui auraient violé les lois de ces pays et qui se trouvent en Haïti ou des étrangers extradables ou non extradables. La justice haïtienne tiendra compte également en matière de droit international public, entre autres :
La nouvelle politique étrangère d’Haïti s’appliquerait avec un renforcement du contrôle des frontières, des douanes et de la recherche de l’autonomie gouvernementale en matière budgétaire. L’Etat devrait réduire les dépenses de fonctionnement pour augmenter celles des investissements notamment au niveau de la construction des infrastructures à la charge de l’armée, la formation professionnelles des conscrits, l’éducation et l’environnement. L’objectif du gouvernement est d’éliminer l’aide internationale au support budgétaire et de concentrer l’assistance sur l’éducation, la formation professionnelle, l’environnement et l’accès aux nouvelles technologies.
Une ouverture serait faite notamment au niveau de la société civile internationale notamment avec des confessions religieuses y compris du culte musulman. Le gouvernement ferait la promotion de la solidarité des peuples et une agence multisectorielle composée de militaires, du Ministère des Affaires étrangères, de religions pour la paix et de l’ONU serait chargée de la gestion du programme de la brigade étrangère, du service civique des non-nationaux et du programme des confessions religieuses en lien avec le développement hors confessionnelle.
Conclusion
Il est temps de mettre à raison ces nègres qui croient
que la révolution ça consiste à prendre la place des
Blancs et continuer, en lieu et place, je veux dire sur
le dos des nègres, à faire le Blanc
Aimé Césaire, Député, Ecrivain, Homme Politique,
Maire et Poète (1913-2008)
Tout changement démocratique commence par la pensée démocratique. La pensée démocratique et révolutionnaire est le fruit d’une élite ayant une conscience nationale avec un sens aigu de la dignité de son appartenance. Les actions sociales et politiques situées en dehors de ce fondamental, ne peuvent construire pour le futur. Elles apportent le fondamentalisme, l’extrémisme, le fascisme, le nazisme, etc... Mais, ce qui caractérise même le fonctionnement des sociétés humaines organisées et développées, c’est l’ordre. La transition entre le désordre et l’ordre ; entre le fondamentaliste, l’extrémiste, le fasciste, le nazisme, etc. et la démocratie, nécessite des moyens forts, des idées cohérentes, la connaissance et le remodelage des élites qui doivent nécessairement travailler au bonheur collectif.
Il n’est pas nécessaire que celui qui élabore les théories en assume sa mise en chantier. Le savoir exprimé n’appartient à personne. Tout ce qui vient de la nature de l’homme appartient à l’humanité. C’est ce que le philosophe Français Jean Jacques exprime dans cette pensée intrinsèque : « les biens sont à tous et la terre n’est à personne » En fait, qui suis-je sans les autres ! Sans eux le moi n’a aucune valeur. Donc le bien collectif est aussi celui de l’individu. Sans quoi, l’homme n’est autre qu’un loup pour l’homme. On meurt tous, ce n’est qu’une question de temps. Ce qui reste de fondamental, c’est la pensée, l’héritage historique du bien ou du mal selon qu’on dispose du leadership et du savoir pour influencer le cours des choses. L’homme libre et instruit, l’homme libre et conscient de son humanité, même esclave, est le capitaine de son navire, le maitre absolu de sa destiné. Il a choix de vivre ou de mourir libre, le choix de son héritage et du combat de sa vie.
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