L’ancien Premier ministre Joseph Jouthe a révélé que certaines de ses consignes, données en Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) ou en Conseil de gouvernement, étaient enregistrées puis transmises à des chefs de gangs. « Plusieurs fois, j’ai vu mes directives circuler quelques heures après les réunions. Elles avaient été enregistrées et remises à des chefs de gangs notoires », a déclaré M. Jouthe à l'émission Panel Magik, lundi 8 décembre 2025. Interrogé sur l’identité des auteurs de ces fuites, Joseph Jouthe affirme ne pas avoir pu identifier la taupe. Il reconnaît toutefois l’existence de complicités au sein même de l’État. « Magalie Habitant, aujourd’hui incarcérée, tout le monde sait qu’elle était au service de certaines autorités du pays et qu’elle n’agissait pas seule », a-t-il cité en exemple.

Revenant sur les obstacles rencontrés à la Primature, l’ancien chef du gouvernement explique que plusieurs individus arrêtés pour trafic d’armes et de munitions ont été relâchés sans suite judiciaire. Il évoque des ordres ignorés dans des dossiers sensibles : cargaisons suspectes arrivées par bateau, armes dissimulées dans des ouvrages religieux par un pasteur de l’Artibonite, ou encore le cas d’un présumé trafiquant arrêté la veille et revenu le lendemain dédouaner une cargaison sans être retenu par la police. Interrogé sur la suspension de certaines opérations à la douane de Saint-Marc, M. Jouthe précise : « Je n’avais pas fermé les douanes de Saint-Marc. J’avais simplement imposé une restriction sur les effets personnels, qui devaient être dédouanés au Cap-Haïtien ou à Port-au-Prince. Les bureaux ont continué à fonctionner. »