L’artiste haïtien, mondialement reconnu pour ses sculptures de papier, y a installé « L’Océan de Léa », qu’il transforme en odyssée, une exposition immersive où le public traverse des salles comme on suit un courant sous-marin. Le visiteur sort des fonds marins et émerge au fur et à mesure. Dans ce lieu, tout n’est que lumière, suspension, volumes silencieux et poésie tactile. « Je suis sculpteur de papier », précise tout de go Fritz Junior Jacquet, d’une voix simple, presque comme une évidence. Pourtant, derrière cette phrase limpide se cache un destin façonné à force de ténacité, d’intuition et d’un rapport singulier au monde.

Né à Vieux-Bourg d’Aquin, dans la commune d’Aquin, Jacquet a quitté Haïti à l’âge de sept ans pour la France, sans jamais rompre le fil invisible qui relie son imaginaire au pays de son enfance. Dans sa terre natale, Fritz Junior Jacquet s’imaginait ferblantier, influencé alors par un homme qui habitait juste en face de chez ses parents. Pourtant en France, il ne maniera pas le fer mais le papier.