De l’Afrique à l’Amérique, le vèvè a été transporté en Haïti dans le sillage de la traite négrière. Pour les profanes, ce n'est qu'un simple dessin ; pour les initiés, il s'agit d'un outil servant à interpeller les esprits. Transmis de génération en génération, soit dans les cercles d’initiés, soit reproduit par des artisans qui en répandent la beauté et le pérennisent, aujourd’hui le vèvè, un pan de l’histoire et de la culture haïtienne, alliant la culture du vodou et l’esthétique, est en passe de devenir Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Lilas Desquiron, déléguée permanente d’Haïti auprès de l’Unesco, a procédé au dépôt de candidature de ce projet auprès de l’institution. Lors d’une entrevue accordée à la radio Magik 9, elle est revenue sur l’origine du vèvè. C'est un dessin mystique réalisé de manière rituelle avec une poudre sacrée, qui peut varier en fonction de chaque divinité que le houngan ou la mambo invoquera. Cette poudre sacrée peut être de la farine, de la poudre de cruche ou de la poudre de café, et il est tracé au sol. « L’origine du vèvè remonte à l’Afrique. Le mot vèvè est un mot fon du royaume du Dahomey, des premières personnes qui sont arrivées dans les bateaux négriers », a-t-elle expliqué, reconnaissant toutefois que le vodou est une religion syncrétique issue d’un mélange entre plusieurs nations africaines, puis des Taïnos et des Européens.