Sept enfants tués, cent soixante-seize blessés à Cité Soleil entre le 10 et le 13 mai 2026, selon l'UNICEF. Au même moment, Médecins Sans Frontières évacue en urgence son hôpital de Cité Soleil après avoir pris en charge plus de quarante blessés par balles en douze heures. Au moins cinq mille trois cent cinquante-quatre personnes déplacées, selon OCHA. C'est le bilan d'un quartier, sur quatre jours. Quelques semaines après, l'événement était presque passé dans les faits divers.

Pourtant, autour de cet événement, l'appareil chiffre. Médecins Sans Frontières évalue ses coûts d'évacuation et de prise en charge. L'OCHA publie le besoin humanitaire annuel en dollars. L'IOM compte les déplacés, leurs camps, leurs rations. Les bailleurs additionnent les pertes matérielles, les bâtiments à reconstruire, les écoles à rouvrir, les hôpitaux à réhabiliter. Tout est chiffré sauf une chose : la valeur économique des vies elles-mêmes, et la productivité qu'elles auraient générée. C'est ce trou-là que la présente chronique se propose de combler.