Le processus d’élaboration du plan de gestion de l’aire protégée des ressources gérées Baradères-Cayemites a été lancé à travers deux ateliers organisés les 9 et 10 juillet 2026, à Corail, dans la Grand’Anse, et à Baradères, dans les Nippes. Ces rencontres ont réuni des représentants de l’État, des collectivités territoriales, des services techniques, des partenaires ainsi que des membres des communautés locales autour des enjeux liés à la gestion durable de cette aire protégée.

Cette démarche est mise en œuvre par le Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et Viridis Terra International (VTI), en collaboration avec The Nature Conservancy (TNC) et le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE), en partenariat avec le ministère de l’Environnement (MdE) et l’Agence nationale des Aires protégées (ANAP). Elle s’inscrit dans le cadre du projet Koridò Vèt, financé par Affaires mondiales Canada.

Ces ateliers ont permis de présenter les objectifs du processus, les différentes étapes de l’élaboration du plan de gestion et les mécanismes de gouvernance qui favoriseront l’implication des différents acteurs concernés. Ils marquent le début d’une démarche participative visant à définir des orientations adaptées aux réalités environnementales, sociales et économiques de cette aire protégée.

« Un plan de gestion est un outil stratégique qui permet de bien gérer l’espace protégé tout en impliquant la communauté locale », a déclaré l’ingénieur Pierre André Gédéon, directeur général de l’Agence nationale des Aires protégées (ANAP).

Le responsable de l’ANAP a également rappelé l’importance institutionnelle de cette démarche : « L’élaboration du plan de gestion d’une aire protégée est une obligation légale pour l’ANAP et le ministère de l’Environnement, mais c’est l’affaire de toutes les parties prenantes. »

Un territoire d’une grande richesse écologique

Située entre les départements de la Grand’Anse et des Nippes, l’aire protégée Baradères-Cayemites s’étend sur une superficie de 88 500 hectares, comprenant 44 700 hectares marins et 43 800 hectares terrestres.

Ce territoire abrite des écosystèmes d’une grande valeur écologique, notamment des mangroves, des récifs coralliens, des herbiers marins et des forêts sèches. Ces milieux naturels jouent un rôle essentiel dans la conservation de la biodiversité, la protection des côtes et le maintien des moyens de subsistance des populations locales.

L’élaboration de ce plan de gestion constitue un outil stratégique pour organiser l’utilisation durable des ressources naturelles, renforcer les mécanismes de conservation et améliorer la gouvernance de cette aire protégée confrontée à plusieurs menaces, parmi lesquelles la déforestation, la surexploitation des ressources halieutiques, la sédimentation, la pression agricole, la coupe des mangroves pour la production de charbon et les effets des changements climatiques.

Une gestion durable fondée sur la participation locale

Au-delà des enjeux environnementaux, le processus prend en compte les réalités sociales des communautés vivant dans et autour de l’aire protégée. Pêcheurs, agriculteurs, femmes et jeunes dépendent largement des ressources naturelles pour leurs activités économiques et leur subsistance.

Le futur plan de gestion ambitionne donc de mettre en place une approche inclusive, favorisant la participation active des communautés dans les décisions liées à la protection et à la valorisation des ressources naturelles. Cette gouvernance participative s’appuiera notamment sur les comités locaux d’appui afin de renforcer l’engagement des acteurs du territoire.

À travers cette démarche, les institutions partenaires souhaitent établir un cadre de référence permettant une meilleure coordination des actions de conservation et la mise en place d’un modèle de gestion durable conciliant la protection de la biodiversité, la résilience climatique et le développement socio-économique local.

L’élaboration du plan de gestion de l’aire protégée Baradères-Cayemites traduit ainsi une vision collective : assurer la préservation des ressources naturelles grâce à une collaboration étroite entre les institutions publiques, les partenaires de développement et les communautés qui vivent au quotidien au cœur de ces écosystèmes.