L’Université publique du Nord au Cap-Haïtien (UPNCH) a accueilli, ce jeudi, la cérémonie officielle marquant le 20e anniversaire du Réseau des Universités publiques départementales (UPD). Placé sous le signe de la décentralisation de l’enseignement supérieur et du développement territorial, l’événement a réuni le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Deméro, des recteurs, d’anciens ministres, des universitaires, des étudiants ainsi que plusieurs personnalités des milieux académique et politique.
Dans son allocution d’ouverture, le recteur de l’UPNCH et président du Conseil des recteurs des UPD, le Dr Joram Vixamar, est revenu sur les deux décennies d’existence de ce réseau créé en 2006 afin de rapprocher l’enseignement supérieur des différentes régions du pays. Il a rappelé que les Universités publiques départementales constituent aujourd’hui un acteur majeur de la formation des cadres, de la recherche scientifique et du développement local.
« Depuis sa création, le réseau des UPD s’est affirmé comme un pilier du développement intellectuel, scientifique et culturel des différents départements d’Haïti, en jouant un rôle actif dans la transformation sociale et économique du pays », a déclaré le recteur, soulignant que près de 20 000 étudiants fréquentent actuellement les dix universités qui composent le réseau.
Le président du Conseil des recteurs a également insisté sur les défis qui persistent. Plaidant en faveur d’un renforcement des moyens financiers alloués aux établissements, il a affirmé que « investir dans les UPD n’est pas une dépense, mais un investissement durable et stratégique au service du progrès scientifique, de la sécurité, de la stabilité et du développement territorial d’Haïti », appelant les plus hautes autorités de l’État à faire de l’enseignement supérieur une priorité nationale.
Le recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), le professeur Dieuseul Prédélus, a, pour sa part, salué les deux décennies d’existence des Universités publiques départementales, qu’il considère comme une avancée majeure pour la décentralisation de l’enseignement supérieur en Haïti. Il a également plaidé en faveur d’un renforcement de la coopération entre les institutions universitaires publiques afin de relever ensemble les défis auxquels le secteur est confronté.
« L’UEH et les Universités publiques départementales ne sont pas en compétition. Elles sont les branches d’un même arbre et forment une seule famille universitaire au service du développement d’Haïti. Nous ne relèverons les défis de l’enseignement supérieur qu’ensemble », a affirmé le professeur Dieuseul Prédélus, recteur de l’Université d’État d’Haïti.
Prenant ensuite la parole, le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Vijonet Deméro, a dressé le bilan des vingt premières années du réseau tout en mettant en avant sa contribution à la démocratisation de l’enseignement supérieur. Selon lui, les UPD ont permis de mettre fin à la concentration historique de l’offre universitaire dans la capitale, favorisant ainsi la formation de milliers de jeunes au sein même de leurs départements.
Le ministre a également annoncé plusieurs orientations destinées à renforcer le réseau. Parmi celles-ci figurent la création de huit extensions territoriales des UPD, l’implantation d’un campus numérique dans chaque université, ainsi que le renforcement de la transition numérique, de l’enseignement des langues étrangères et de la gouvernance universitaire.
« La création de huit extensions territoriales du Réseau des UPD et l’établissement d’un campus numérique dans chaque université garantiront un enseignement plus accessible et davantage connecté aux exigences du XXIe siècle », a déclaré Vijonet Deméro, présentant ces mesures comme des réformes structurantes pour l’avenir de l’enseignement supérieur public.
Invité d’honneur de cette cérémonie, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a, de son côté, reconnu les difficultés auxquelles sont confrontées les universités publiques, notamment le sous-financement chronique et l’insuffisance des ressources.
« Votre cri d’alarme est arrivé jusqu’à moi. Je mesure la gravité de vos combats quotidiens : l’insuffisance des moyens, l’attente des salaires et ce sous-financement qui pèse lourdement sur ceux qui portent notre avenir à bout de bras », a déclaré le chef du gouvernement devant les recteurs, les enseignants et les étudiants.
Le Premier ministre a assuré que son gouvernement entend travailler de concert avec les responsables universitaires afin d’apporter des réponses durables à ces défis.
« L’engagement de mon gouvernement est de travailler sans relâche à vos côtés pour bâtir des solutions structurelles. Notre priorité est d’ouvrir un dialogue budgétaire sincère afin de consolider la place des UPD parmi les priorités nationales », a-t-il affirmé.
Au-delà des discours officiels, cette célébration a également permis de revenir sur les nombreuses activités organisées au cours des derniers mois dans le cadre du vingtième anniversaire du réseau, notamment des colloques scientifiques régionaux, un championnat interuniversitaire de football, des concours d’éloquence et de composition d’hymnes, ainsi que diverses manifestations académiques destinées à mettre en valeur les réalisations des Universités publiques départementales.
Créé le 30 juillet 2006, le Réseau des Universités publiques départementales regroupe aujourd’hui dix universités implantées dans plusieurs régions du pays. Selon les responsables universitaires, cette structure constitue un levier essentiel de la décentralisation de l’enseignement supérieur, de la formation de cadres qualifiés et du développement territorial d’Haïti, tout en contribuant à limiter l’exode académique vers Port-au-Prince et l’étranger.






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