Le 20 août, une lettre circule sous l’en-tête « Gwoup Rebèl 400 Mawozo ». Wilson Joseph, alias Lanmò San Jou, y lève un « drapeau blanc », réclame une trêve et demande un dialogue sous facilitation internationale. Trois jours plus tard, dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août, Kenscoff est frappée : 47 morts selon le BINUH, dont au moins cinq enfants, plus de cinquante personnes enlevées, des dizaines de maisons incendiées. Une vidéo montre ensuite des captifs, tandis qu’un homme se présentant comme « Izo 2 » s’adresse nommément au directeur général de la Police nationale et annonce qu’il les tuera si l’un de ses hommes est touché. Le scrutin général, le premier depuis une décennie, est fixé au 13 décembre.

Pris séparément, ces gestes se contredisent. Pourquoi réclamer une trêve, puis frapper ? Pourquoi enlever des dizaines de personnes et menacer de les exécuter ? Ils cessent de se contredire dès qu’on les lit comme les pièces d’une même séquence : une négociation par la contrainte. La lettre cherche un interlocuteur. Le massacre démontre une capacité de nuisance. La prise d’otages restreint la riposte. On demande à parler tout en fixant le rapport de force dans lequel cette discussion aurait lieu.