Face à l’insécurité, aux difficultés économiques et à la fermeture ou à l’inaccessibilité de plusieurs espaces de loisirs, certains jeunes Haïtiens sont contraints de revoir leur manière de profiter de leur temps libre. Pour certains, le téléphone, les réseaux sociaux et les activités à domicile remplacent désormais les sorties, les activités sportives et les rencontres entre amis. « Quand j’ai du temps libre, je reste sur mon téléphone, je cherche des informations sur Internet et j’écoute de la musique », témoigne Roude. 

Avant, il lui arrivait de fréquenter des places publiques et de sortir avec des amis. Mais la dégradation de la situation sécuritaire l’a poussé à modifier ses habitudes. « Avant, j’avais l’habitude de me rendre dans des espaces publics et de faire quelques sorties avec des amis. Mais aujourd’hui, face à l’insécurité, je suis obligé d’adopter ces mesures », explique-t-il. Pour lui, cette restriction dépasse la simple question des loisirs. Elle touche également à la liberté de circulation. « Aujourd’hui, je me sens comme un citoyen emprisonné, privé de plusieurs de mes droits fondamentaux », estime-t-il, évoquant notamment les difficultés à se déplacer.