La faim au ventre, des punaises de lit et une solitude sans fin : voilà le quotidien des enfants d’un centre d’accueil censé les protéger, à Carrefour, révèle Johnassen Géraly Millien dans son mémoire soutenu le 17 février 2025 à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH). Un mémoire de licence en Service Social consacré à la « vulnérabilité sociale de l’enfance au regard de la qualité de prise en charge institutionnelle en Haïti ». Il a étudié de près le cas des enfants reçus au centre d’accueil de Carrefour, entre 2021 et 2023, dans le cadre d’un programme susceptible de les réinsérer dans la société. Devant un jury composé de Séraphin Jean Denis, président, de Marjorie Brutus, directrice de mémoire, et de Jérôme Paul Eddy Lacoste, lecteur critique, il a obtenu la note de 80 sur 100, avec la mention très bien.
Selon Johnassen Géraly Millien, le centre d’accueil de Carrefour ne protège pas les enfants qu’il est censé sauver. Pire, il les enfonce davantage dans la même vulnérabilité qu’il prétend combattre. Cette conclusion n’a rien d’une accusation gratuite. Elle repose sur plusieurs mois d’enquête menée directement sur le terrain, auprès des cadres de l’institution, de jeunes majeurs encore présents dans le centre et d’enfants âgés de 14 à 17 ans. L’auteur connaît bien les lieux, pour y avoir lui-même effectué un stage académique en 2022. Ce passage l’a profondément marqué, et c’est précisément cette indignation qui l’a poussé à transformer son observation en recherche rigoureuse.






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