Quand le 1er juin 2012, le ministre de l’Education d’alors M. Réginal Paul, en inaugurant le Bureau du District Scolaire (BDS) des Gonaïve, annonça pour le 3 septembre l’ouverture de l’année académique 2012-2013, tous les agents de l’éducation se dirent que le pays va pouvoir enfin s’approcher de la moyenne internationale de 200 jours de classe par année. Notons que c’est vraiment une moyenne car dans d’autres pays l’école fonctionne entre 255 et 300 jours durant une année. L’espoir nourri par les éducateurs de voir l’ouverture des classes s’effectuer en septembre allait se transformer en désillusion quand au cours d'une séance de convocation à la Chambre des Députés, le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe a décidé de reporter la rentrée des classes au 1er octobre 2012. Il faut noter que durant la période de 2007 à 2012 c’est seulement en 2009 que l’année scolaire avait pu débuter en septembre et cette année académique allait être fortement perturbée par le séisme du 12 janvier 2010.
Il est à noter que le Premier ministre avait motivé sa décision de reporter la rentrée des classes par le fait que la situation économique était très difficile pour le « Peuple ». Le Premier ministre Lamothe avait bien fait d’annoncer cette décision en présence des députés. Ne les appelle-t-on pas les députés du peuple ? Depuis lors, la situation du « peuple » a-t-elle connu une amélioration ? Les nombreuses manifestations de rues contre la cherté de la vie enregistrées fin septembre et début octobre peuvent répondre à cette interrogation. Comme si le fait de perdre un mois de l’année académique ne suffisait pas, les élèves gonaïviens ne seront pas autorisés à reprendre le chemin de l' école ce lundi 5 novembre 2012.
La décision d’écrire cet article est motivée par un sentiment de révolte et d’indignation d’un éducateur. En effet, grandes furent ma surprise et ma stupéfaction lorsque j’ai appris le dimanche 4 novembre 2012 que la mairie des Gonaïves dirigée par les agents exécutifs intérimaires Jean Osner Amisial, Luc Dessalines et Marc-Edouard Désir décide, par arrêté communal, que le lundi 5 novembre 2012 est déclaré férié. A la base de cette stupide décision, les Gonaïviens qui venaient de fêter la Saint Charles étaient très fatigués et, par conséquent, pas prêts pour retourner au boulot. En sillonnant les rues de la ville le samedi 3 novembre 2012 à la tombée de la nuit, l’insalubrité et le très peu de monde qui circulait dans la ville ne donnaient aucune raison de penser à une atmosphère de fête.




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